Textile : l’Amérique ne fait pas rêver

Textile : l’Amérique ne fait pas rêver

Les négociateurs marocains avaient pourtant fait le plus dur : convaincre les Américains de faire une dérogation à la règle d’origine, en acceptant sur leur territoire  des exportations de produits finis marocains. En tout, 30 millions de mètres carrés de produits finis exportés et l’équivalent d’un contingent de 1000 tonnes de fils et tissus obtenus à partir de fibres de coton originaires des pays d’Afrique subsaharienne les moins développés.
Au final, témoigne Jaouad Hamri, l’un des négociateurs marocains de cet accord, «il y a eu peu d’engouement pour le marché US». Peu d’opérateurs répondent aux appels d’offres émis régulièrement par le ministère dans le cadre de ce projet. A mi-chemin, seuls  deux millions de tonnes de quota avaient été alloués. L’une des raisons de ce faible score tient  du fait que la prospection et le travail réel de vente n’a commencé que début 2006.
Vu les contrats actuellement en phase de signatures dans l’amont du secteur les tendances seront-elles  meilleures pour 2007 ?
En plus de l’assouplissement des règles d’origine, la douane américaine, en coopération avec sa consœur marocaine, s’était engagée dans l’assouplissement des procédures d’entrée pour le textile marocain. Il ne  restait plus à ce dernier qu’à braver certains dispositifs américains, importants dans un pays où les normes sont édictées par le secteur privé. La faiblesse des exportations marocaines au pays de l’Oncle Sam s’explique du fait que l’industrie textile marocaine reste cantonnée dans la sous-traitance et, pour le meilleur des cas, la co-traitance. «Or, rappelle M. Hamri, le marché américain est essentiellement orienté vers les produits finis».
Rappelons que depuis la signature de l’accord de libre-échange, une commission octroie des quotas à chaque fin de mois. Les entreprises qui postulent doivent réaliser les opérations relatives à ces quotas dans les quatre mois qui suivent. A préciser que les candidats doivent s’acquitter d’un montant de 0,5% de la valeur départ usines des produits du quota octroyé pour les frais de gestion de ce contingent.
A noter que dans le sens inverse, la flexibilité de la règle d’origine devait pousser les investisseurs américains à investir au Maroc. Là aussi, renseigne une source qui suit le dossier de près, «un travail de communication est nécessaire pour sensibiliser les Américains sur les opportunités offertes par l’accord de libre-échange signé avec le Maroc».
Dans  d’autres secteurs concernés par cet ALE, les opportunités espérées ne se sont pas encore traduites sur le terrain. «Cela fait deux ans et demi que l’on parle de cet accord, 11 mois qu’il est signé, mais l’accompagnement des entreprises, lui, tarde toujours à  venir», déplore Alaoui Hassani, de la Fédération des industries du cuir. En coopération avec les Américains, le ministère avait pourtant mis en place un programme d’accompagnement baptisé NBO (New Business Opportunities). Ce  dispositif  qui concerne actuellement plus d’une quarantaine d’entreprises devrait faire rattraper aux Marocains le retard accusé jusque-là.

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