Tortures dans les prisons israéliennes

Tortures dans les prisons israéliennes

Hamoked, le centre pour la défense individuelle, et B’t’selem, le centre d’information israélien pour les droits humains dans les territoires occupés, se sont basés sur 73 témoignages d’anciens prisonniers, incarcérés entre juillet 2005 et mars 2006, afin de fournir un rapport alarmant sur les méthodes de tortures dans les prisons israéliennes. Les témoignages font état  de nombreuses manœuvres de déstabilisation psychologique incluant des violences physiques notamment «la privation de biens basiques comme la nourriture et l’eau (…) l’isolement du monde extérieur, la privation de sommeil pendant plus de 24 heures» des postures douloureuses que les prisonniers sont obligés de garder durant plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Les humiliations, coups et blessures et les tactiques ayant pour but de «briser les interrogés» sont monnaie courante dans les prisons israéliennes, malgré leur totale illégalité au regard de la Haute Cour de Justice et des lois internationales. Les deux ONG précisent que ces types de pratiques sont prédéterminés et reçoivent une autorisation préliminaire.
Il y a encore aujourd’hui plus de 11.000 Palestiniens incarcérés dans les geôles israéliennes, beaucoup d’entre eux n’ont pas été jugés et restent sous le joug d’un emprisonnement administratif, qui ne nécessite aucune preuve. Plus de 20% des Palestiniens sont passés par les prisons israéliennes depuis la guerre de 1967. Hannan, 45 ans, habitante du camp de réfugiés de Balata, à Naplouse, est la mère du jeune Khalid, 18 ans, incarcéré il y a un an, sans jugement. «La cheville de mon fils s’est brisée car ils l’ont forcé à rester 72 jours dans une pièce d’un mètre sur un mètre, accroupi. Ils l’ont laissé ainsi avec une lumière jaune aveuglante et juste un seau pour faire ses besoins», déclare-t-elle. «En un an, je n’ai pu le voir qu’une seule fois, il y a trois mois. Je tente de contacter la Croix-Rouge régulièrement mais ils m’ont dit que je ne pouvais espérer le voir que dans six mois tout au plus», regrette Hannan. Le papier d’incarcération fourni par l’autorité israélienne accuse le jeune Khalid d’avoir fourni de la nourriture à des résistants recherchés par les forces d’occupation en 2002, alors qu’il n’avait que 13 ans. Les deux ONG rapportent que de nombreuses plaintes ont été formulées depuis 2001, sans qu’aucune d’entre elles n’aient engagé de poursuites, ni même d’enquêtes sérieuses.

DNC à Ramallah Nadia Sweeny

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