Tourisme rémunéré

Tourisme rémunéré

 
La presse espagnole continue à s’intéresser de près aux finances secrètes du célébrissime juge espagnol Baltasar Garzon. Petit à petit, les médias sont en train de rassembler les pièces de l’affaire des rémunérations secrètes de l’unique magistrat espagnol ayant accédé à la notoriété internationale.
La dernière révélation concerne une conférence que le juge Garzon a donnée dans la ville de Tampico, au Mexique, et pour laquelle il a touché la somme de 25.000 euros. Une conférence qui n’a duré qu’une heure seulement. C’était le 8 octobre 2007. Le juge Garzon passe quelques jours au Mexique sur invitation d’une entité locale pour faire une intervention sous le thème : «Sécurité et administration de justice, réflexions comparatives».  Parallèlement à cette conférence chèrement payée, le juge d’instruction a passé plusieurs jours dans la région de Tamaulipas où il a fait du tourisme et reçu plusieurs cadeaux de la part d’entités locales, des informations qu’il n’a pas communiquées au Conseil général du pouvoir judicaire comme l’exige le règlement. Evidemment, il n’a pas non plus déclaré avoir reçu le montant de 25.000 euros pour un discours d’une heure. Si recevoir 200.000 dollars pour plusieurs cours étalés sur une année à l’Université de New York paraît logique, le cas de l’intervention au Mexique semble un peu bizarre, selon les observateurs en Espagne. Mais, l’analyse des ces déplacements n’est plus juste une affaire de polémique ou d’analyse de la part d’observateurs. Des enquêtes seraient en cours pour déterminer les incidences éventuelles que ces déplacements auraient eues sur les décisions professionnelles du magistrat de l’Audience nationale.
Avec la révélation du cas mexicain, il ne s’agit plus d’une simple affaire de revenus non déclarés, mais d’une affaire de revenus douteux dont il faut clarifier la provenance réelle. Il faut noter que les fréquents voyages à l’étranger ont été, le plus souvent, suivis de grandes décisions de justice ayant entraîné le déclenchement de procès ayant une portée plus médiatique que juridique. À la manière de Garzon qui joue l’impact politique plutôt que l’aboutissement des procès.
A la lumière des doutes que commencent à susciter ses voyages à l’étranger, il serait légitime de s’interroger sur les liens éventuels entre la tournée touristique – mais rémunérée – du juge Garzon, effectuée début octobre 2007, et l’annonce de l’engagement de poursuites contre des officiels marocains pour un prétendu génocide au Sahara faite le 30 octobre 2007. La plainte, sur laquelle le juge s’était basé, avait été déposée début septembre 2007. Pourquoi n’aurait-il décidé de donner suite à cette plainte que deux mois après. Apparemment, il devait commencer par passer quelques jours en Amérique latine, avant de juger de «l’utilité» d’une telle démarche.

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