«Trahison passive»

«20 minutos», le quotidien le plus lu en Espagne avec plus de 2.800.000 lecteurs, a publié, hier mardi, un article rédigé, apparemment, par l’un de ses lecteurs concernant l’affaire du Sahara. La lecture de cet article suscite deux remarques. Sur le fond, il contient des contrevérités dont la publication par un quotidien de large diffusion porte préjudice à la cause légitime du Maroc. Et ceux qui connaissent bien les habitudes du lectorat espagnol savent que les pages dédiées au courrier des lecteurs sont des pages très lues. Et l’on sait aussi qu’un lecteur s’identifie toujours avec un autre et adopte plus facilement ses prises de position. Or, cet article affirme à près de trois millions d’Espagnols que «le Maroc a occupé militairement le Sahara en 1975» et que «pendant que la population sahraouie, terrorisée, s’enfuyait, l’aviation marocaine les bombardait dans le but d’anéantir les hommes, les femmes et les enfants…». L’auteur du texte prétend aussi que c’est le Maroc qui maintient «la population sahraouie exilée loin de ses terres et contrainte de vivre grâce à l’aide internationale». Deux mensonges parmi plusieurs autres qui figurent dans le prétendu courrier.
La deuxième remarque concerne le fait que, malheureusement, personne ne réagira pour rétablir la vérité. Car, à Madrid, le Maroc ne dispose pas d’un conseiller de presse capable de prendre l’initiative de contacter les responsables dudit journal et exiger la publication d’un droit de réponse. L’article passera et il y aura bien d’autres allant dans le même sens et jamais il n’y aura de réaction de notre représentation diplomatique. D’ailleurs, au lieu de réagir, on fait plutôt dans la minimalisation de l’affaire. Combien de fois avons-nous entendu des commentaires du genre : « Tu sais, la presse espagnole n’arrête pas de parler et ça ne fait aucun effet» ou «L’affaire du Sahara se joue aux Nations unies et non pas dans la presse madrilène». Certes, cela est vrai. Mais, ce qu’il ne faut pas oublier c’est que l’affaire du Sahara est une cause nationale et quand on parle de «cause nationale», cela signifie que chacun doit assumer ses responsabilités. Se dérober de sa responsabilité, aussi minime soit-elle, est un acte de «trahison passive» que la nation ne pardonnera pas.
Le discours royal à l’occasion de l’anniversaire de la Marche Verte est clair sur ce point. «Nous considérons le moment venu d’affronter cette escalade belliqueuse avec toute la fermeté requise, en faisant montre d’un patriotisme sincère et d’une grande clarté dans nos positions, et en veillant à ce que chacun assume les responsabilités qui sont les siennes», a dit le Souverain.

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