Tunis et Nouakchott pour une tenue «rapide» du Sommet de l’UMA

La tenue d’un sommet extraordinaire des chefs d’Etat maghrébins est de nouveau à l’ordre du jour, malgré le «niet» opposé récemment par l’Algérie à cette réunion pourtant «informelle». Lors d’une rencontre, mercredi à Tunis, les présidents tunisien et mauritanien, Zine El Abidine Ben Ali et Sidi Ould Cheïkh Abdallahi, ont insisté pour la tenue, le plus rapidement possible, de ce sommet, à la tenue auquel le Royaume du Maroc a appelé dernièrement. Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, avait invoqué, pour une énième fois, «l’obstacle» du Sahara, pour expliquer le refus de l’initiative marocaine de réunir les chefs d’Etat membres de cette union en panne. Des sources officielles à Tunis, citées par l’Agence AFP, ont affirmé que les présidents tunisien et mauritanien ont souhaité «la tenue d’un sommet maghrébin dans les meilleurs délais», en soulignant leur engagement «en vue de réunir les conditions propices» à la rencontre des cinq dirigeants de l’UMA (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye et Mauritanie). D’après les mêmes sources, les présidents Ben Ali et Abdallahi ont insisté, lors de leur rencontre dans la capitale tunisienne, sur leur volonté «d’impulser les mécanismes et de dynamiser les institutions» de l’Union maghrébine, créée en 1987 à Marrakech, mais restée, depuis lors, en panne en raison de «l’obstacle» algérien qui, paraît-il, a mis un point d’honneur à entraver le processus d’édification maghrébine, arguant-, à chaque fois, du «blocage» de la question du Sahara, même si cette question se traite dans le cadre des Nations unies. Une position jugée incompréhensible, voire paradoxale, d’autant plus que c’est l’Algérie elle-même qui «militait», autrefois, pour la relance de l’UMA, en dépit de la persistance du conflit autour du Sahara. Lors du dernier sommet des chefs d’Etat maghrébins, qui s’est tenu en 1994 à Alger, le Maroc n’avait pas exprimé de réserve sur cette option, en prônant la relance de l’UMA, en dehors de la question du Sahara, qui se trouve, depuis le début des années 90, entre les mains des Nations unies. Curieusement, et contre toute attente, l’Algérie s’est subitement ravisée, à la faveur de l’incohérence que sa diplomatie n’a eu de cesse de cultiver, au détriment du rêve maghrébin, appelé des vœux de la communauté internationale, et des hautes luttes des peuples de la région. Alger, qui dit un jour ne pas être partie au conflit sur le Sahara, se dédit, le lendemain, pour affirmer le contraire, au gré d’un statu quo qui met à rude épreuve la patience de la communauté internationale, et des pays maghrébins en particulier. Le président tunisien, autant que les chefs d’Etat libyen et mauritanien, avec le Maroc, – qui est à l’origine de la création de ce bloc -, n’ont pas cessé de rappeler l’importance de l’intégration maghrébine jugée incontournable et exigée par les partenaires étrangers, avec à leur tête l’Union européenne et les Etats-Unis. Mais ce vœu partagé, qu’impose non seulement la conjoncture mondiale, organisée en blocs d’intérêts, mais aussi et surtout une communauté de langue, de culture et de religion, n’est pas entendue de la même oreille. Du côté d’Alger, l’alternative souhaitée à la politique du «blocage» n’est sans doute pas pour bientôt.

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