Un « accident » très étrange

Les premiers éléments de l’enquête sur les circonstances de l’accident d’un avion de tourisme, qui a percuté la Tour Pirelli à Milan (nord de l’Italie), accréditaient vendredi la thèse d’un accident, sans parvenir toutefois à dissiper l’hypothèse d’un acte volontaire.
L’enquête ouverte jeudi soir par l’agence nationale pour la sécurité des vols (ENSV) « part de l’hypothèse d’un accident et non d’un acte de sabotage », a expliqué à l’AFP le porte-parole de l’agence, le commandant Adalberto Pellegrino. Pourtant le caractère « étrange » de cet « accident » n’a pas manqué d’être relevé. Le ministre italien des transports, PietroLunardi, évoquant la possibilité d’un suicide, a ainsi déclaré : « il y a quelque chose d’étrange. Le type de cible et la façon dont elle a été atteinte sont impressionnants ».
« avant le 11 septembre, on aurait pu parler de fatalité. Mais de la façon dont cela est arrivé, on peut mettre fortement en doute cette fatalité », a-t-il ajouté, en excluant toutefois un acte terroriste.
« Un terroriste aurait rempli l’avion d’explosifs et aurait choisi un moment où davantage de gens se trouvaient dans l’immeuble », a-t-il souligné. Le ministre a confirmé que l’accident avait fait deux morts parmi les employés de la tour en plus du pilote. La Tour Pirelli, siège de l’autorité régionale lombarde avec ses 30 étages, est l’immeuble moderne le plus connu et le plus remarquable de Milan, conçu sur un mode futuriste dans les années 50 par l’architecte Gio Ponti. L’avion a percuté l’édifice au beau milieu de sa façade, au niveau du 26ème étage. Une réplique milanaise des attaques du 11 septembre contre les tours du world trade center de New York n’aurait pas été plus parfaite. Les premières indications « accréditent la thèse de l’accident », a indiqué de son côté à l’AFP la direction de l’aviation civile, ANAC. Mais « on ne peut rien exclure parmi les différentes circonstances aboutissant à un tel accident, avarie ou malaise, ni non plus écarter la thèse du suicide », a souligné l’ENAC.
Le quotidien la repubblica a interrogé le fils de Luigi Fasulo, le pilote qui était aux commandes de l’appareil. Celui-ci parle d’un suicide en raison de problèmes financiers. Le procureur de Milan, Gerardo d’ambrosio, a considéré cette thèse comme « la moins crédible », et des amis du pilote italo-suisse ont rejeté l’idée. « S’il avait voulu se suicider, il se serait précipité contre le San Salvatore ou le Monte Generoso », deux montagnes entourant le lac de Lugano, près de son lieu de résidence, dans le sud de la suisse, a déclaré l’un d’eux. Reste la thèse de l’avarie, doublée éventuellement d’une perte de conscience du pilote.
Pour cela les enregistrements des communications avec l’avion fournissent des éléments précieux. Contacté par le contrôleur, le pilote a indiqué avoir « un petit problème de train d’atterrissage ». ensuite, l’avion n’a pas suivi les instructions et s’est dirigé vers le nord.
La tour a signifié au pilote son erreur. Celui-ci a indiqué qu’il réglait son problème de train d’atterrissage. Mais il ne s’est pas pour autant remis sur une bonne trajectoire et a gagné le centre ville. « L’avarie hydraulique qui entraîne un problème de train d’atterrissage peut s’étendre à d’autres appareillages de bord, par exemple les commandes, ce qui peut avoir pour effet de rendre l’appareil incontrôlable », a indiqué le commandant Pellegrino.

• Olivier Thibault (AFP)

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