«Un conseiller de luxe»

«La Caixa recrute le conseiller du Roi du Maroc», c’est avec ce titre que le quotidien El Pais annonçait vendredi dernier à ses lecteurs la nomination du conseiller de SM le Roi pour les affaires économiques, André Azoulay, au poste de conseiller pour l’expansion internationale de la banque espagnole. «La Caixa comptera sur un conseiller de luxe pour sa stratégie d’expansion internationale», écrivait Ariadna Trillas, la correspondante du quotidien espagnol à Barcelone. En effet, M. Azoulay a rejoint, selon un communiqué de la banque espagnole, Criteria, un comité de conseil et d’assistance internationale qui oriente les investissements de la banque espagnole dans les domaines industriels et financiers qui est présidé par l’ancien vice-président du gouvernement espagnol sous Aznar, Rodrigo Rato. Cette nomination affichée avec la plus grande satisfaction de la part des dirigeants de la Caixa et érigée en trophée par la presse espagnole spécialisée dans les finances, pose, toutefois, un problème.
D’abord, parce qu’elle intervient trois mois après l’ouverture à Casablanca de la première succursale de la Caisse d’épargne espagnole après avoir obtenu l’autorisation nécessaire de Bank Al-Maghrib. Si ladite banque n’avait pas de présence au Maroc, il y aurait un intérêt national à la présence de M. Azoulay puisqu’il pourrait, éventuellement, orienter ses dirigeants vers l’investissement au Maroc. Mais, il se trouve qu’elle est, maintenant, une banque de droit marocain, qui exerce au Maroc et qui a des parts de marché à prendre aux autres banques de la place. Le fait qu’un conseiller de SM le Roi soit membre de son équipe dirigeante est une chose qui semble anormale. On ne voit pas un conseiller du Souverain devenir conseiller en même temps d’une entreprise nationale. Et c’est pour cela, d’ailleurs, que Criteria intègre uniquement les personnes ayant déjà quitté leurs fonctions officielles. C’est le cas, entre autres, de son président Rodrigo Rato qui était vice-président du gouvernement espagnol puis directeur général du FMI. Et ce n’est qu’après avoir quitté ce poste qu’il a été recruté par la Caixa. Et tous les autres membres sont dans la même situation sauf M. Azoulay. Ce qui est bizarre, il faut l’avouer.

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