Un document pour le Sommet de Tunis

Selon des sources diplomatiques arabes, ce « document commun » élaboré dans la nuit de mardi à mercredi est un relevé à minima des points de convergence atteints pendant deux jours de discussions ardues.
Le document aurait écarté les réformes les plus controversées comme la création d’un Parlement, d’un Conseil de sécurité, d’un conseil culturel, d’une Cour de justice et d’une Banque d’investissements. Des commissions seraient créées pour poursuivre l’étude de ces réformes, qui pourraient être présentées en 2005 au sommet d’Alger, selon ces sources. Les ministres auraient cependant convenu de présenter une réforme du droit de vote afin de limiter le vote à l’unanmité considéré comme « paralysant » pour l’institution.
Désormais, si les chefs d’Etat le décident, les votes auraient lieu à la majorité simple, à la majorité des deux tiers ou à l’unanimité selon l’importance des questions examinées. Le « document commun » recommanderait par ailleurs l’institution, pour la première fois, de « sanctions » graduelles contre les membres de la Ligue qui n’appliqueraient pas les résolutions communes et le renforcement du rôle du Conseil économique et social, qui serait chargé de préparer la création d’un marché commun arabe à l’horizon 2020.
Le refus de divulguer le contenu de ce « document commun » a provoqué la colère des journalistes, qui attendaient tard dans la nuit de mardi à mercredi les résultats de la réunion ouverte lundi matin. Ils ont dénoncé le « manque de transparence » des responsables de la Ligue, tandis que le ministre égyptien des Affaires étrangères Ahmed Maher, harcelé de questions et quelque peu décontenancé, se contentait d’une explication unique : « les chefs d’Etat doivent avoir la primeur des propositions de leurs ministres ». Les ministres s’étaient employés pendant toute la journée de mardi à aplanir leurs divergences sur le contenu et le rythme des réformes de l’institution panarabe. Le « document commun » devait être mis au point dans sa version définitive au cours d’une ultime séance mercredi matin, avant l’ouverture de la session ordinaire des ministres des Affaires étrangères.
Plusieurs ministres du Golfe avaient montré un franc agacement devant le forcing fait par l’Egypte, l’Arabie saoudite et la Syrie pour faire passer un projet tripartite de réformes, alors qu’ils s’attendaient à discuter la synthèse préparée par le secrétaire général de la Ligue Amr Moussa de sept projets soumis par divers membres. Mardi midi, après deux longues séances de travail à huis clos, les ministres étaient « revenus à la case départ », selon un témoin interrogé par l’AFP. Le déblocage a finalement eu lieu dans l’après-midi, les ministres se mettant d’accord pour un « document unique » à présenter au sommet de Tunis. « Il s’agit d’un projet global qui aborde tous les aspects de la réforme » de la Ligue, a indiqué M. Maher, qui s’est félicité que « bien que les discussions aient parfois été vives, nous soyons parvenus à un accord ». Le ministre algérien des Affaires étrangères Abdelaziz Belkhadem avait reconnu dans des déclarations à la presse l’existence de divergences entre les ministres sur la nature et l’ampleur des réformes.
L’Algérie a notamment demandé la création par la Ligue d’une banque de données culturelles en langue arabe et réclamé l’instauration d’un système de rotation par Etat de la fonction de secrétaire général, qui revient habituellement à un Egyptien.
Les ministres arabes devaient poursuivre leurs réunions mercredi et jeudi en session ordinaire pour examiner notamment la situation en Irak et dans les territoires palestiniens.

• Hassen Zenati (AFP)

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