Un rapport stygmatise la faiblesse de la sécurité palestinienne

Ce rapport a été rédigé par les responsables de l’Initiative d’Estimation Stratégique (SAI), une commission internationale créée dans le cadre du mandat confié au général américain William Ward nommé au printemps pour encourager les réformes des services de sécurité palestiniens en vue d’en réduire le nombre à trois contre une douzaine actuellement.
Le document a été rédigé en coordination avec le général Ward qui doit donner sa propre estimation lors d’une session du Congrès américain prévue mardi.
Selon ce texte de 82 pages, en dépit des efforts déployés par l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas trop de membres de ces forces de sécurité ont de multiples allégeances et font preuve d’apathie.
"En termes de capacités globales à remplir leurs fonctions essentielles et à appliquer la politique du gouvernement, ces services font preuve d’une capacité extrêmement faible", déplore ce rapport.
Le document souligne notamment le manque de coordination et constate des abus de pouvoir, le gaspillage pour les équipements, et les divisions entre les services opérant en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.
"Les extorsions de fonds, le racket, et le détournement de pourvoir pour des activités sur la marché noir ne sont pas inhabituelles, alors que manque totalement un contrôle judiciaire", poursuit le document.
"Les appartenances claniques et familiales restent très fortes" et portent atteinte au fonctionnement de ces services, déplore également le rapport.
"Les capacités opérationnelles globales sont faibles en Cisjordanie et moyennes dans la bande de Gaza", constate le rapport.
Alors que Mahmoud Abbas condamne systématiquement les attaques anti-israéliennes, le document affirme que les faibles capacités en matière de renseignements limitent les capacités des forces de sécurité à empêcher ce genre d’activités surtout en Cisjordanie.
Le chef du bureau de l’Initiative d’Estimation Stratégique installé à Jérusalem, Jarat Chopra a indiqué à l’AFP que les capacités limitées des forces de sécurité palestiniennes impliquent que Mahmoud Abbas doit recourir "au consentement" plutôt qu’à la coercition pour maintenir l’ordre.
Mahmoud Abbas est parvenu à persuader les groupes armés palestiniens de conclure une trêve des attaques anti-israéliennes au début de l’année. Bien que cet accord ait été sur le point de voler en éclats, le nombre d’attaques a diminué.
Le rapport prévoit que le Hamas, principal mouvement islamiste palestinien, responsable de la majorité des attentats anti-israéliens depuis le début de l’Intifada en septembre 2000 devrait respecter en gros un cessez-le-feu durant le retrait israélien de cette région prévu à la mi-août.
"Etant donné les aspirations politiques du Hamas, ce mouvement a intérêt à ce que le désengagement (de la bande de Gaza) se déroule bien", poursuit ce rapport qui estime que "bien que le Hamas soit le mouvement disposant de moyens de gêner le plus le désengagement, il va éviter de créer un désordre général".
Mais des mouvements plus petits tels que le Jihad Islamique ont toute chance de refuser de faire preuve de retenue et pourraient se livrer des attaques susceptibles de déclencher des réactions militaires israéliennes très dures.
A supposer que le retrait de l’armée et des 8.000 colons israéliens se passe bien, le rapport prévoit que des conflits concernant les colonies évacuées sont susceptibles d’éclater.
"Le manque de clarté concernant les biens dans les colonies, la répartition des terres et des droits de propriété pourraient constituer une menace pour la stabilité (….) La prise de contrôle et l’occupation des zones évacuées par des groupes locaux ou des familles est possible étant donné la faiblesse relative des forces de sécurité", prévoit le rapport.

Par Chris Otton
AFP

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