Un triangle nucléaire

Dimanche 13 août, les Vénézuéliens qui suivaient sur leurs écrans de télévision en direct l’émission hebdomadaire animée par le président Hugo Chavez ont eu droit à un exposé exhaustif sur les nouvelles acquisitions militaires faites par leur pays. Pour rappel, le très populiste président Chavez anime chaque dimanche une émission en direct sur la télévision publique vénézuélienne qui s’appelle «Allô Président !». Durant toute la matinée, M. Chavez s’adresse aux téléspectateurs en leur parlant de tout et de rien : de ses ambitions bolivariennes, de son regard du monde, de sa vision sur l’avenir de l’Amérique latine et surtout sur le «bien vu» de sa philosophie politique et du «bien-fondé» de sa gestion du pays. Et pendant l’émission, des gens appellent pour lui faire part de leurs idées, de lui transmettre une doléance, et, le plus souvent, pour lui dire Ô combien ils aiment leur président. Bref, un petit show populiste auquel ne peuvent échapper que ceux qui ont le privilège d’avoir accès aux chaînes satellitaires étant donné que, depuis qu’il est président, il a fermé toutes les chaînes de télévision privées. La dernière télévision privée a cessé d’émettre le 1er août 2009. Mais, dimanche dernier, M. Chavez a parlé d’autre chose. Il a donné une nouvelle information au peuple vénézuélien. Il lui a appris que le Venezuela allait s’engager dans un programme nucléaire avec le soutien de la Russie. Un pays dont il vient d’acheter, en plus, des armes pour le montant de 1,5 milliard d’euros. «Nous n’avons pas de projets pour envahir ou agresser quelqu’un», a-t-il néanmoins précisé. Ce qui ne peut nullement rassurer des pays comme la Colombie ou le Honduras qui vient d’échapper, à la dernière minute, à une «chavezisation» qui était presque certaine. 
La carte géopolitique de l’Amérique latine est en train de changer. Il faut dire que c’est une région qui a toujours été en mutation continue. Mais, cette fois, des liens sont en train de se tisser entre les quatre coins du monde entre des dirigeants ayant des visions géopolitiques radicales. Ahmadinejad à l’Est, Chavez à l’Ouest et Jong-il au Sud. Un triangle nucléaire qui rappelle un autre plus vieux de soixante ans.

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