«Une affaire de psy»

«Une affaire de psy»

Le discours d’Obama ouvre la voie à une nouvelle approche pour la solution du problème palestinien. Car, pour la première fois en 60 ans, un président des Etats-Unis s’adresse avec une franchise inédite tant aux Israéliens qu’aux Palestiniens sur l’importance de la solution dite des «deux États».
En deux mots, le président Obama a appelé les Israéliens à accepter le fait qu’un État palestinien est indispensable pour instaurer la paix et il a dit aux Palestiniens qu’un Etat palestinien passe inéluctablement par la reconnaissance de l’État d’Israël. D’une certaine manière, on change la formule adoptée sous l’administration Clinton de «la terre contre la paix» par celle de «l’Etat contre l’Etat».
Et si, dans le monde arabe, ce discours a trouvé de très bons échos et la formule est acceptée, voire même appréciée, ce n’est pas le cas chez les Israéliens. L’Etat hébreu s’est retrouvé dans l’obligation de réactiver ses lobbies à Washington en appelant à la rescousse certaines personnalités juives les plus influentes au pays de l’Oncle Sam. Jennifer Lazslo Mizrahi en fait partie. Elle est considérée parmi les 50 Juifs les plus influents des Etats-Unis. Mais, contrairement à d’autres organisations qui affichent leur activisme pro sioniste, l’ONG qu’elle préside affirme n’avoir qu’un seul but – non lucratif apparemment – d’informer la presse et le grand public au sujet d’Israël et du Moyen-Orient.
Toutefois, sa mobilisation après le discours d’Obama montre qu’elle n’est pas aussi neutre qu’elle voudrait le faire croire. Et, en plus, son discours est obsolète. La stratégie médiatique israélienne qui consiste à dire à l’opinion publique : «les malheurs que subissent les Palestiniens nous font mal au cœur, mais nous sommes tout aussi victimes qu’eux» est une stratégie obsolète. Car l’opinion publique internationale a évolué et ne gobe plus ce genre de discours. Dans un entretien à notre confrère L’Observateur, la présidente d’Israël Project donne la preuve que les Israéliens ont été pris de court par l’attitude révolutionnairement innovatrice de l’administration Obama et qu’ils ont été incapables d’inventer rapidement un plan de riposte médiatique efficace. «Personnellement, j’attends avec impatience le jour où les enfants palestiniens cesseront de grandir pour se faire exploser. Je veux les voir travailler et non pas guerroyer, espérer et non pas haïr», déclare-t-elle à L’Observateur. Si l’objectif de cette déclaration est de susciter la sympathie en affirmant partager la souffrance, l’effet est nul car les arguments sont ridicules. Car, géographiquement, historiquement, économiquement et socialement, l’État israélien fait tout pour que l’enfant palestinien vive dans l’insécurité, l’injustice, la souffrance, la précarité, etc. Que Mme. Lazslo Mizrahi, qui vit aux Etats-Unis – un pays où la visite chez le psy fait partie des habitudes urbaines – demande au premier psychanalyste qu’elle croiserait le genre de jeune homme que l’on obtient d’un enfant qui vit dans de telles conditions!

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