Une avancée au Proche-Orient

Le Prince héritier saoudien Abdallah Ben Abdel Aziz a achevé lundi une visite officielle aux Etats-Unis avec une avancée dans le conflit israélo-palestinien, qui était au centre d’une discussion difficile avec le Président américain George W. Bush. Ce premier sommet entre le Prince Abdallah et Bush, abordé avec prudence en raison des divergences entre l’approche qu’ont les deux hommes du conflit au Proche-Orient, ont eu « pour premier résultat des pressions américaines qui ont amené Israël à accepter la levée du siège d’Arafat et son retrait de Ramallah », écrit en une le quotidien saoudien Asharq Al-Awsat.
Le journal se réfère aux arrangements annoncés in extremis dimanche pour une levée du siège du Président palestinien Yasser Arafat à Ramallah et le retrait israélien de la ville autonome, ainsi que pour un règlement de la crise autour de la basilique de la nativité à Bethléem, également en Cisjordanie. Ces arrangements ont été révélés par la Maison-Blanche, peu avant le départ du Prince Abdallah de Houston (Texas) pour le Maroc, où il est arrivé dans l’après-midi pour un séjour privé. Ils répondent en partie au document en huit points que le Prince saoudien avait proposé jeudi à Bush pour désamorcer la crise israélo-palestinienne. Mais la création d’une force de paix internationale prévue dans le document pour séparer les deux parties a suscité des réserves de Washington, qui s’en tient au déploiement éventuel de simples observateurs. « Nous pensons que les (récents) événements ont dépassé la capacité des observateurs » prévus par le plan américain de cessez-le-feu dans le conflit israélo-palestinien, a déclaré dimanche le chef de la diplomatie saoudienne Saoud Al-Fayçal. « C’est clair que le Prince Abdallah a mis à profit les relations spéciales et historiques entre Ryad et Washington pour soulignner qu’une atteinte à la personne de Arafat en tant que dirigeant élu du peuple palestinien poussera la tension vers une situation sans précédent », écrit le quotidien saouDien Al-Youm.
Al-Watan, qui exprime à l’instar des autres journaux saoudiens un point de vue proche de celui des autorités, a averti que le Prince Abdallah s’était exprimé « au nom de tous les arabes sur leur cause centrale, la palestine ». Le prince a été à l’origine du plan de paix adopté le 28 mars au sommet arabe de Beyrouth et proposant à Israël des relations normales en échange de son retrait de tous les territoires arabes occupés.
Ce plan, que Washington avait accueilli avec satisfaction au moment de son adoption, a failli être à l’origine d’un échec de la visite du Prince Abdallah qu’il a envisagé d’écourter, selon Asharq Al-Awsat. « Il a été très en colère » lorsqu’il a eu connaissance d’un projet de communiqué commun devant sanctionner sa visite et mentionnant le plan de paix arabe « amputé d’un paragraphe, avec l’annonce d’un accueil favorable de la question de la normalisation avec Israël ». L’affaire a été résolue avec l’accord de Washington pour mentionner « la position saoudienne dans le communiqué final », selon le journal. Outre les divergences sur le dossier du Proche-Orient, l’Arabie Saoudite a également répété son opposition à une frappe militaire américaine contre l’Irak, avec lequel Ryad venait de reprendre langue. Au plan des relations bilatérales, altérées par les attentats du 11 septembre impliquant des saoudiens, le Prince Abdallah a assuré Bush des « bonnes relations, solides comme un roc, entre les deux pays », a affirmé dimanche le Prince Saoud, dont le pays s’est encore une fois prononcé contre un embargo pétrolier, une assurance bien accueillie à Washington.

• Omar Hassan (AFP)

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