Une technique d’arrosage novatrice

Cette méthode d’arrosage a été présentée par Dr Bensaoud (du bureau d’étude Hydrasol-France) dans le cadre du Colloque international sur l’environnement oasien qui s’est tenu les 24 et 25 avril à Figuig, à l’initiative de l’Institut royal de la culture amazighe (IRCAM) et le conseil municipal de la ville.
Elle consiste en des sondes installées dans le sol pour indiquer les besoins en eau pour les racines et déclencher l’arrosage, une fois dépassé un certain seuil de valeur.
Ce système dit "racinaire" expérimenté dans le cadre d’une coopération décentralisée entre le conseil général de Saint-Denis (France) et le conseil municipal de Figuig favorise ainsi l’optimisation de la gestion de l’eau, une amélioration de la fertilité du sol, la lutte contre l’ensablement (par reboisement alimenté par l’eau économisée) et la vulgarisation des connaissances. Il fait aussi éviter la contamination par propagation de maladies aux racines d’autres plantes. L’oasis de Figuig, qui compte 190.000 pieds, souffre en effet de la rareté de l’eau, assurée par une trentaine de sources mais exposées à la réduction de débits du fait de la sécheresse, mais aussi de forages opérés en périphérie.
Un intervenant a même déconseillé la poursuite de forages entre Ighzer Acherqi et Melias à Figuig, l’eau y étant salée et l’eau douce difficile à repérer du fait de la superposition de couches douces et salées, d’autant plus que celles-ci peuvent altérer les premières par voie de vases communicants. L’impact négatif de tels forages a été vérifié notamment lors de pannes électriques, suivies de l’augmentation de débits des sources et vice versa en cas de redémarrage de pompages, comme l’ont constaté des intervenants, suggérant l’encadrement de l’Etat avec des études appropriées sur la situation hydrique dans la région. C’est dans ce même objectif de rationalisation de la gestion de l’eau qu’une expérience de goutte à goutte sera entamée, en coopération avec l’Allemagne, à partir de cette année, sur une superficie de 20 ha, avant sa généralisation en cas de succès. Quant au " Bayoud", maladie qui s’attaque au palmier dattier et qui a provoqué la disparition de 12 variétés sur 28 en quarante ans dans cette Oasis, une enquête menée dans les sept ksours de l’Oasis a permis de constater que cette maladie frappe surtout là où il y a densité de plantation et non entretien (non enlèvement de touffes) ainsi que dans les cas de cultures associées (palmier, fruitiers, céréales, luzerne). La même enquête a permis de dégager que l’excès d’eau encourage la multiplication des champignons et qu’aussi paradoxal que cela puisse paraître, c’est l’eau propre drainée directement de la source qui les favorise davantage, contrairement à l’eau polluée utilisée dans l’irrigation, après avoir été utilisée dans le lavage et autres usages.
A propos du remède à la problématique du Biodh (fusariose), qui détruit en particulier le palmier de bonne qualité, tel "Afroukh n’Tijent", les chercheurs ont suggéré la lutte par la biotechnologie pour la sauvegarde du palmier dattier, en trouvant des variétés résistantes et que des laboratoires ont confirmé au Maroc par des cultures in vitro. Ainsi, cette méthode, que le pays maîtrise, permettra la distribution de millions de vitro plants. A titre de compléments à l’économie oasienne, stressée par des facteurs naturels (sécheresse, désertification) et humains (démographie), il a été aussi mis l’accent sur la valorisation des produits du terroir, notamment dans la vallée de Drâa (Zagoura) et la valorisation des sous-produits des dattes de l’Oasis de Figuig, en plus d’un tourisme culturel, qui doit bénéficier non seulement aux agences, mais aussi à la population locale.

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