USA : Découverte d’un réseau d’espions

Un vaste réseau d’espions israéliens opérant sur le territoire américain a été démantelé par les services de contre-espionnage des Etats-Unis, qui auraient déjà appréhendé ou expulsé 120 personnes dans le cadre de cette affaire, révèle dans sa dernière livraison « Intelligence online », magazine spécialisé dans les questions de renseignement.
Selon le quotidien « Le Monde », qui revient mardi sur le dossier, « l’une de leurs missions aurait été de pister les terroristes d’Al-Qaïda » aux Etats-Unis, avant les attentats du 11 septembre.
Il s’agirait de la plus spectaculaire affaire d’espionnage impliquant Israël et les Etats-Unis depuis Jonathan Pollard, civil américain travaillant pour la Navy qui avait été condamné à la prison à vie en 1986 pour avoir notamment transmis à l’Etat hébreu les codes d’accès aux « grandes oreilles » américaines.
Le cas Pollard, régulièrement remis sur le tapis, est une épine dans les relations israélo-américaines. en 1998, le Premier ministre de l’époque Benyamin Nétanyahou avait réclamé sa libération à Bill Clinton, et failli faire capoter les pourparlers israélo-palestiniens en affirmant que ce dernier lui avait promis cette libération.
« Intelligence online » a obtenu copie d’un rapport de synthèse et s’est fait confirmer les informations sur ce réseau par la DEA, l’agence antidrogue. Ce rapport a été remis au département américain de la justice par une équipe conjointe de la DEA et des services de l’immigration (INS), auxquels ont été associés des agents du FBI et le bureau d’enquêtes de l’US air force. Il ne précise pas si ces espions ont obtenu des informations, ni de quel ordre.
Le réseau aurait été constitué de jeunes gens, frais émoulus de leur service militaire au sein d’une unité de renseignement de tsahal. Se disant « étudiants en arts plastiques », ils multipliaient les contacts avec des fonctionnaires de différents ministèrees et agences, sous couvert de leur vendre des oeuvres d’art. Certains étaient liés à des sociétés High-tech israéliennes implantées sur le territoire américain, entre autres le fabricant de logiciels Amdocs.
« Intelligence online » souligne par ailleurs que les domiciliations des agents israéliens présumés étaient « très proches des ex-domiciles connus des terroristes » du 11 septembre. Selon « Le Monde », plus du tiers vivaient en floride, notamment à hollywood, comme Mohammed Atta et ses complices.
La théorie d’un réseau clandestin israélien surveillant, l’an passé, les futurs kamikazes, est donc ouverte. « pour l’heure, rien ne permet d’exclure qu’il s’agit d’une simple coïncidence », ajoute cependant « Intelligence online ».
Le quotidien « Le Monde » revient lui sur un reportage diffusé par « Fox News » en décembre: selon ce documentaire, dont l’existence semble désormais embarrasser la chaîne américaine, les enquêteurs seraient convaincus qu’une partie de la mission de ces espions aurait été de pister les hommes d’Al-Qaïda sans en avertir les responsables américains. D’où l’interrogation: Israël aurait-il omis de transmettre tous les éléments en sa possession sur les préparatifs des attentats?
Un spécialiste Israélien de l’espionnage parle de « farce ridicule ». Jérusalem reste muet, et les agences américaines concernées se refusent à tout commentaire.

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