Washington accentue la cadence

Sur fond de levée du siège du Q.G. de Yasser Arafat à Ramallah, l’administration Bush intensifie ses efforts pour tenter de relancer le processus de paix au Proche-Orient. Le Premier ministre israélien Ariel Sharon et le Roi Abdallah II de Jordanie sont ainsi attendus à la Maison-Blanche la semaine prochaine.
Après la « libération » de Yasser Arafat qui était confiné dans son Q.G. à Ramallah depuis cinq mois, Ariel Sharon devrait être pressé par Washington de discuter du plan de paix israélo-arabe proposé par le Prince héritier saoudien Abdallah et approuvé au sommet de la Ligue Arabe fin mars. Il s’entretiendra avec George W. Bush mardi. Le Roi Abdallah de Jordanie, qui doit s’entretenir avec le secrétaire d’Etat Colin Powell lundi et avec Bush mercredi, plaide en faveur d’un plan similaire. Comme son homonyme saoudien, il souhaite qu’Israël évacue les territoires occupés depuis 1967 en l’échange de la paix et de la reconnaissance de l’Etat hébreu par les pays arabes.
« Nous devons travailler à mettre fin à (l’occupation israélienne) et à établir un Etat palestinien avec Jérusalem pour capitale », soulignait le souverain hachémite mercredi à Amman. Sharon a une approche beaucoup plus limitée et conditionne la création d’un Etat palestinien à une longue période intérimaire de sécurité et à la fin des attentats anti-israéliens. Bush adhère globalement au plan saoudien mais n’en soutient pas tous les détails, dont plusieurs pourraient être des pierres d’achoppement à un accord. Colin Powell s’est entretenu mercredi par téléphone avec Yasser Arafat, le ministre israélien des Affaires Etrangères Shimon Pérès et son homologue saoudien Saoud Al-Fayçal. « Nous ferons ce qu’il faut pour aider le processus », a souligné le porte-parole du département d’Etat, Richard Boucher, qui a souligné que Washington était prêt à faire des propositions pour favoriser la conclusion d’un accord de paix.
Un accord informel entre les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite prévoit une intensification conjointe de la pression diplomatique dans la région, ont souligné des responsables des deux pays. Ce partenariat, peaufiné lors de la visite du prince héritier Abdallah au Ranch de Bush la semaine dernière au Texas, offre à la monarchie pétrolière l’occasion de s’affirmer sur la scène diplomatique. Les saoudiens ont reproché aux Etats-Unis d’exercer trop peu de pressions sur Israël et l’administration Bush a estimé de son côté que Riyad devait en mettre plus sur Arafat. Reste que « notre coopération avec le gouvernement saoudien a été très positive et fructueuse ces derniers jours, depuis la visite » du Prince Abdallah, a noté Boucher. « Nous sommes aussi en contact étroit avec le Roi Abdallah de Jordanie, le président égyptien Hosni Moubarak et d’autres (dirigeants) de la région ». Les Etats-Unis, qui traditionnellement cherchent à maintenir à distance des alliés comme la France ou d’autres médiateurs potentiels européens, se félicitent de l’intervention saoudienne. La monarchie Wahhabite paraît égalemet satisfaite. « C’est l’un des rares moments dans l’histoire où il y a un consensus quasiment universel sur les grandes lignes d’un accord et l’approche à suivre », se félicitait un responsable saoudien. « Nous devons saisir cette occasion ».

• Barry Schweid (AP)

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