140 milliards de dirhams pour les salaires de l’Etat !

140 milliards de dirhams pour les salaires  de l’Etat !

Exercice difficile mais très instructif auquel s’est livré le chef de gouvernement ce week-end devant un parterre de jeunes diplômés marocains de la célèbre HEC de Paris. L’intervention de Abdelilah Benkirane, lors de la cérémonie de remise des diplômes, foisonnait comme à l’accoutumée d’interludes anecdotiques mais aussi de faits, témoignages et aveux qui, venant du chef de gouvernement himself, ne peuvent qu’interpeller.

Ainsi, surfant sur les éléments d’actualité, M. Benkirane a soulevé le sujet du FMI, par exemple, en racontant comment et pourquoi à la fin de 2012 s’est déroulée la mise en place de la fameuse ligne de précaution de liquidité (LPL) qui vient d’ailleurs d’être renouvelée (lire notre focus pages 4 et 5).

Ainsi, le chef de gouvernement nous apprend, entre autres aveux, que les données qui étaient fournies auparavant au FMI n’étaient pas toutes correctes ou précises. «Lorsqu’ils sont venus pour examiner avec nous les données, les représentants du FMI ont finalement su que les erreurs n’étaient pas de mauvaise foi de notre part», a affirmé Benkirane. Le gouvernement a donc dû revoir tout simplement sa copie afin de répondre aux critères du FMI pour son éligibilité à la LPL.

Le chef de gouvernement a également relaté comment dans ce contexte, il a dû prendre la décision de couper 15 milliards DH dans le budget d’investissement pour réduire le déficit budgétaire et comment, une année plus tard, fin 2013, le même FMI est revenu pour le convaincre que si le Maroc voulait respecter ses engagements en termes de réduction du déficit, il devait inévitablement régler le gros problème de la compensation. D’où une première décision, dit-il, d’augmenter les prix à la pompe.

Visiblement à l’aise face aux jeunes diplômés, le chef de gouvernement a continué à énumérer des informations pour le moins inédites et surprenantes.

C’est ainsi que M. Benkirane a reconnu que l’administration marocaine coûte anormalement trop cher au pays et au contribuable en révélant le chiffre faramineux de 140 milliards de dirhams par an au moment où les recettes de l’Etat, elles, tournent aux alentours de 220 milliards de dirhams.
S’agissant de la question de la réforme des retraites, le chef de gouvernement était ferme. Il semble même à travers ses propos que la décision est prise sur l’application coûte que coûte de la réforme paramétrique au régime civile des pensions à la Caisse marocaine des retraites (CMR).

Alors qu’il doit rencontrer les secrétaires généraux des centrales syndicales demain, mardi, dans le cadre d’un nouveau round du dialogue social, Benkirane a insisté sur le fait que l’âge légal de la retraite dans la fonction publique sera rallongé et que les cotisations vont augmenter de 4 points pour la part patronale de l’Etat et de 4 points similaires pour la part du fonctionnaire, sans oublier également que les pensions de retraites devraient également baisser dans la foulée. Pour rappel, le gouvernement s’est déjà engagé à mettre en œuvre courant 2015 cette réforme paramétrique dans la CMR.

Enfin, le chef de gouvernement a bifurqué sur la question des diplômés chômeurs. Il a bien évidemment réitéré sa décision de l’interdiction de l’embauche directe dans la fonction publique sans concours mais il a, en outre, dévoilé pour la première fois une orientation de l’état face à cette problématique. «L’état est arrivé à un point où il a été décidé de mettre des barrières pour ceux qui veulent accéder au doctorat», a-t-il affirmé.

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