A l occasion du Conseil national du RNI : Mezouar a dit tout le bien qu il pense du gouvernement

A l occasion du Conseil national du RNI : Mezouar a dit tout le bien qu il pense  du gouvernement

Salaheddine Mezouar, président du parti du Rassemblement national des indépendants (RNI), avait du pain sur la planche samedi 30 mars à Skhirat, confronté aux questions des quelque 800 membres du conseil national rassemblés pour la première fois après le 5ème congrès du RNI tenu en avril 2012.   
Il devait rendre des comptes sur la perte de terrain du RNI devant ses adversaires dans plusieurs régions, le manque de moyens des conseils régionaux du parti, la transparence de la gestion financière du parti, le bilan fébrile du RNI en opposition, le retard de la tenue de cette réunion du conseil national, la mise en place des sections féminine et de jeunesse du RNI, ainsi que d’un bras syndical du parti, sans parler du programme du bureau politique. Les questions étaient nombreuses et délicates, mais c’est en rassembleur et en fin politique que M. Mezouar a pu plus ou moins canaliser la fougue de ses troupes. Pour ce faire le président de la première force d’opposition a jeté tout son dévolu sur le gouvernement. «Je suis conscient que la démocratie interne implique le respect de l’agenda des réunions des instances du parti dans les délais. Sauf que des contraintes internes et externes nous en ont empêchés», a indiqué pour expliquer les raisons du retard de la tenue de cette réunion du conseil national. Selon lui, le parti et ses deux groupes parlementaires ont été pris par l’examen et le débat autour de la première loi de Finances du gouvernement, «croyant à l’instar du reste des Marocains que l’Exécutif allait présenter une loi de Finances qui rompt avec les anciennes méthodes de gestion, mais hélas notre parti n’a fait que perdre son temps. Ni le conseil national n’a tenu sa réunion, ni le Maroc n’a obtenu la loi de Finances qui répond aux aspirations de son peuple», a-t-il avancé.   
Autre raison évoquée : «La direction du parti se préparait à débattre les lois électorales, croyant que le gouvernement allait respecter la deadline fixée par Sa Majesté le Roi dans ses discours avant fin 2012. La direction souhaitait ainsi réunir le conseil national après avoir réuni tous les éléments de la mobilisation pour aborder des élections qui n’ont toujours pas vu le jour».
Par ailleurs, M. Mezouar n’a pas manqué de rappeler que cette session du conseil national se tient dans un contexte particulier très délicat : «Notre pays vit depuis les élections du 25 novembre dans l’ombre d’un gouvernement qui se caractérise par sa faiblesse au niveau de la gestion, sa tergiversation politique, son échec évident dans la gestion des grands dossiers économiques et sociaux posés».
Pour M. Mezouar, ce gouvernement n’a pas pu accompagner les chantiers des réformes ouvertes par les précédents gouvernements durant la dernière décennie conformément à la vision royale claire du développement. En bon économiste, M. Mezouar, ancien ministre des finances, n’a pas manqué de critiquer la gestion économique du gouvernement : «Ce gouvernement ne cesse d’envoyer des signaux négatifs aux acteurs économiques. Le dernier en date est sa décision de réduire le budget des investissements de l’Etat». Selon M. Mezouar, une telle décision a eu pour effet de ralentir encore plus la dynamique économique ainsi que de décourager encore plus des investisseurs qui perdent de plus en plus confiance. Et d’ajouter: «C’est dans l’ère de ce gouvernement qu’un nombre d’entreprises ont commencé à fermer leurs portes. Ceci induit une régression du pouvoir d’achat, une faiblesse de production qui n’épargne aucun secteur de la baisse des indicateurs économiques, et ce sera finalement le budget de l’Etat qui en pâtira».
Dans ce sens, M. Mezouar a ainsi fait remarquer que les établissements de notation ont commencé à tirer la sonnette d’alarme, notant que les indicateurs sont dans le rouge, notamment le taux de chômage qui est en hausse, ou encore le niveau de croissance enregistré en 2012 qui n’a pas dépassé 2,7%, sans parler des grands déséquilibres macroéconomiques et de la crise des liquidités.

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