Abdelilah Benkirane à la journée nationale des expatriés : Des députés MRE à la prochaine législature

Abdelilah Benkirane à la journée nationale des expatriés : Des députés MRE à la prochaine législature

Débutée comme une fête, la célébration, vendredi à Rabat, de la journée nationale de la communauté résidant à l’étranger par des membres du gouvernement et des représentants des Marocains du monde a tourné à la foire d’empoignes, obligeant les services de sécurité du club de Bank Al-Maghrib, où elle se déroulait, à intervenir pour ramener un semblant de calme. Pourtant elle avait commencé par un moment d’enchantement réciproque durant lequel autant les MRE que le chef de gouvernement ont dit leur joie de se rencontrer et de dialoguer. Mais, en dépit de ce moment de grâce apparent, le ver était manifestement dans le fruit. Accompagné d’une dizaine de ses ministres, le chef de gouvernement était en effet venu à la réunion pour parler de ce que fait le gouvernement pour les MRE, manifestement ces derniers étaient là pour lui parler de ce qu’il n’a pas fait pour eux. A partir de là il y a eu une série de malentendus qui n’ont cessé de gagner en nombre et en intensité au fil de la réunion.
En fait, cette célébration du 10 août, la 9ème du genre depuis 2003, s’est déroulée en deux temps : une première période où les différents ministres ont énuméré les actions de leurs départements en faveur des MRE et une seconde phase où ces derniers ont été priés de dire leurs attentes. Et c’est précisément à ce niveau que les choses ont basculé : il y avait beaucoup d’attentes trop longtemps tues. En vérité il y en avait en si grand nombre que les actions du gouvernement passeraient à peine pour des cataplasmes. Pourtant Abdellatif Maâzouz, le ministre délégué chargé de la communauté marocaine à l’étranger, avait pris soin de rappeler que le thème de la journée est la «promotion des services au profit des Marocains du monde», que c’était si bien la volonté du gouvernement que des ateliers ont été prévus autour de prestations structurantes telles que les services consulaires, ceux juridiques rendus lors du séjour au Maroc, les relations avec la douane et les impôts indirects, les questions liées à l’immobilier et celles enfin qui touchent à l’investissement. A la clé, le bien-être de 5 millions de citoyens marocains dans le monde, «le 2ème ensemble démographique en importance après celui de la région de Casablanca». Et aussi, pourquoi s’en cacher, 60 milliards de dirhams de transferts de fonds.  Mais pas seulement, a martelé Abdelilah Benkirane. «Un seul d’entre vous est plus cher au cœur des Marocains de l’intérieur que tout l’argent du monde», clamera-t-il avec son emphase coutumière. Ses ministres diront les choses de façon plus prosaïque : le ministre des affaires étrangères a révélé que 2 consulats viendront s’ajouter prochainement à la dizaine ouverte depuis 2009, que les avantages de l’e.administration seront mis à profit pour l’ouverture d’un portail donnant accès à l’information ainsi qu’à l’établissement des CIN et de passeports biométriques permettant l’amélioration de l’accueil… Une pièce maîtresse dans le nouveau dispositif à l’usage des MRE au demeurant que cet accueil. Le ministre délégué à la modernisation de l’administration a laissé entendre que les 2 centres installés à Tétouan et à Béni Mellal vont être prochainement dupliqués. Outre l’accueil, ils orientent et informent en effet du plus court chemin pour boucler des procédures administratives ordinairement «congétivores». Et puis il y a eu le projet de commission chargée d’examiner les litiges portant sur les investissements. A un MRE qui s’est dit victime de spoliation – on l’aurait dépossédé de la distribution d’une marque de café – Abdelilah Benkirane a répondu : «Je ne puis me prononcer sur votre cas, mais je sais que ces choses existent».  
Le ministre délégué au Budget s’est pour sa part attaché à mettre en exergue les facilitations accordées par les douanes et les impôts indirects. 44 mesures ont été prises suivant des axes aussi essentiels que le renforcement de l’accueil, la fluidification des relations avec les administrés et la simplification de l’Admission temporaire (AT). Simplification et rapidité également – moins de 48 heures- pour l’établissement du quitus fiscal en cas de cession de biens immobiliers. Et puis il y a le culturel. Une pièce essentielle là aussi. La Fondation Hassan II a révélé que plus de 570 enseignants ont initié quelque 75.000 élèves à la langue arabe et à la culture nationale. Cet effort représente 85% du budget total de l’institution. Chaque année quelque 1.000 enfants résidant à l’étranger se ressourcent au Maroc. Depuis onze ans que la pratique a cours, ils ont été 11.000 à faire le voyage. Mais voilà, il reste à faire ! Et les MRE sont impatients de changement. D’autant plus qu’ils sont les plus touchés par la crise économique qui sévit en Europe. Et c’est sans doute pourquoi ils ont accueilli avec joie la convention conclue en grande pompe au cours de la réunion entre le ministère de tutelle et la CDG pour l’établissement à leur profit d’un régime de retraite. Mais surtout, ils veulent être associés à la décision politique dans leur pays. Impensable, ont-ils estimé, que 5 millions de Marocains n’aient pas de représentants au Parlement. Le chef de gouvernement les a assurés que ce sera chose faite aux prochaines Législatives. Alors ils attendent de voir venir.

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