Abdellatif Berroho Membre du conseil national du PJD : «Notre démission n’a rien à voir avec les prochaines élections»

Abdellatif Berroho Membre du conseil national du PJD : «Notre démission n’a rien à voir avec les prochaines élections»

ALM : Pouvez-vous nous expliquer les raisons de la démission collective de votre parti ainsi que celle du MP du conseil communal de Tanger?
Abdellatif Berroho : Il faut tout d’abord préciser que notre équipe représentant le PJD au sein du conseil communal de Tanger avait eu l’idée bien avant d’y présenter sa démission. Nous avons mis beaucoup de temps avant de prendre cette décision. Et ce dans l’espoir que le ministère de l’intérieur intervienne pour mettre fin à la corruption rampante dans le conseil. Quand le maire s’est montré encore plus défiant envers tout et plus déterminé à violer la loi de manière manifeste lors de la dernière session du mois de février, nous avons décidé de présenter notre démission collective.   

Pourquoi avez-vous pris cette décision peu de temps avant le prochain scrutin communal?
Notre démission n’a rien à voir avec les prochaines élections dont on ne connaît pas encore la date précise. Je pense qu’on est encore loin du scrutin 2012, qui pourrait avoir lieu dans six mois.

Certains qualifient votre démission collective comme une tentative de séduction des électeurs…
Le PJD a réussi à gagner la confiance des citoyens grâce à sa clarté, sa crédibilité et ses positions cohérentes en ce qui concerne les intérêts de la ville et la lutte contre la corruption sous toutes ses formes. Et comme je viens de le dire, notre parti n’a pas besoin de ce genre de décision pour séduire les électeurs. Car notre popularité est en forte croissance. Certes, nous avons voulu à travers notre démission collective montrer notre position et notre protestation face à la situation déplorable que connaît Tanger, surtout que la ville croule sous la corruption depuis des décennies. 

Cette démission collective aurait-elle un lien avec la non tenue des sessions des conseils des deux arrondissements Tanger-Médina et Charf-Souani ainsi que celle du conseil préfectoral de Tanger-Assilah?
Les choses sont relativement liées entre elles, en particulier en ce qui concerne les conseils des arrondissements et celui de la préfecture Tanger-Assilah. La majorité de ce dernier est constituée par des membres démissionnaires. Mais il faut préciser que les conflits entre les conseillers communaux et les responsables de la wilaya sont considérés comme la cause principale de l’aggravation de la situation aux conseils communal et préfectoral et ceux des quatre arrondissements.

Y a-t-il à votre avis une solution à cette situation de blocage dans la gestion de la chose locale?
Nous avons tendu nos mains à toutes les parties pour coopérer et faire sortir le conseil de l’impasse. Mais nous avons été obligés de prendre cette décision en protestation contre la corruption de la vie politique. Nous avons été contactés par les autorités locales juste après la présentation de notre démission. Nous avons eu une rencontre avec le wali Mohamed Hassad qui s’est montré coopératif et nous a promis d’intervenir personnellement pour résoudre les grands problèmes dont souffre le conseil.    

Que répondez-vous à vos détracteurs qui désignent les membres de votre parti comme les grands responsables de la crise que vit le conseil communal?
Ce sont des allégations étranges, car le maire est le chef exécutif. Il est chargé de préparer le budget et les dépenses et d’accorder par arrêté les autorisations et les documents d’urbanisme. Il préside toutes les administrations dépendantes de la commune. Le maire est aussi chargé de conclure les marchés publics. Il est responsable des relations avec les sociétés délégataires de la gestion des services publics… L’équipe représentant le PJD au conseil communal a voté en faveur de 90% des projets et propositions jugés servir les intérêts de la ville. Or le conseil communal a procédé, en l’espace de deux ans, à l’adoption de plus de 300 recommandations dans différents domaines de la gestion publique et l’amélioration des services et obliger les sociétés délégataires à respecter les clauses des cahiers des charges. Mais rien n’est concrétisé jusqu’à maintenant.

Le PJD était le grand vainqueur des dernières élections dans la circonscription Tanger-Assilah. Etes-vous optimiste quant à vos résultats lors du prochain scrutin?
Les membres de notre équipe ont fait preuve, pendant leur participation au conseil, de dynamisme et de sérieux. Et en étant toujours à l’écoute et plus proches des citoyens, nous gagnons plus de popularité auprès des Tangérois.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *