Abderrahmane El Azzouzi : Abdelilah Benkirane doit assumer ses responsabilités

Abderrahmane El Azzouzi : Abdelilah Benkirane doit assumer ses responsabilités

ALM : Le 31 mars, la FDT et la CDT organiseront la deuxième marche pour la dignité. Qu’est-ce qui différencie ce rendez-vous de celui qui a eu lieu l’an dernier ?
Abderrahmane El Azzouzi : Nous nous inscrivons dans la lignée de la première marche pour la dignité, nous brandissons toujours les mêmes revendications, parce que le gouvernement n’a tenu aucune de ses promesses. Le gouvernement manque de volonté politique pour concrétiser ses engagements, notamment les dispositions de l’accord du dialogue social du 29 avril 2011, ne serait-ce que celles qui ne demandent aucun moyen financier pour être appliquées. Aussi nous n’avons pas cessé d’appeler à l’abrogation de l’article 288 du code pénal qui incrimine l’action syndicale et entre en contradiction avec la Constitution. Il est également question de l’adoption de la Convention internationale n° 87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical. Par ailleurs, pire que le non-respect de ses engagements, les décisions du gouvernement depuis sa nomination n’ont fait que porter atteinte aux masses salariales, leur pouvoir d’achat ainsi que leurs droits et libertés syndicales. Je cite à ce propos la hausse des prix à la pompe, ou encore la ponction sur les salaires des grévistes, sans parler des violences que subissent à tout bout de champ nos militants. Ajouter à cela le blocage au niveau du dialogue social et la stérilité de ses résultats. Ainsi c’est pour ces raisons débattues dans le cadre des réunions des conseils nationaux de la FDT et de la CDT que nous avons décidé de tirer la sonnette d’alarme par l’organisation d’une telle manifestation.

En ces temps-ci, l’UMT mène également campagne pour l’abrogation de l’article 288 du code. Peut-on parler d’une convergence de points de vue, d’autant que cette centrale a dernièrement eu des rapprochements avec l’USFP ?
Le fait que l’UMT mène également campagne pour l’abrogation de l’article 288 du code pénal confirme que notre décision de manifester notre mécontentement le 31 mars est pertinente. Aussi, ceci traduit une réalité que subissent tous les travailleurs. Le lien s’arrête là, parce qu’en tant que FDT les actions qu’initie l’USFP ne nous concernent pas. La FDT a ses propres instances et décide en vertu de ces dernières de ses positions en toute indépendance. La politique c’est un autre domaine. Cela ne nous empêche pas de nous féliciter du soutien que l’USFP a toujours apporté aux masses salariales. Dans ce sens, et à l’instar de la précédente marche, les forces politiques de la gauche seront fortement présentes.

Abdelilah Benkirane, chef de l’Exécutif, a vivement critiqué certains syndicats, entre autres corporations, déclarant qu’ils cherchent à faire échouer l’expérience de ce gouvernement. Qu’en dites-vous ?
Abdelilah Benkirane est libre de parler comme il l’entend. Nous, de notre côté, nous agissons comme nous voulons. Nous espérons juste que chacun puisse assumer ses responsabilités et faisons tout pour que nos revendications se réalisent.

Jusqu’où la FDT et la CDT sont-elles prêtes dans leur combat contre le gouvernement Benkirane ?
Nous ne combattons personne, nous avons notre agenda revendicatif, nous défendons l’intérêt des salariés. Et la coordination entre la CDT et la FDT existait avant M. Benkirane, notre lutte ne date pas de son arrivée. Ainsi nous continuerons à consolider notre coordination avec la CDT. Nos instances exécutives tiennent des rencontres de manière régulière, autant que la commission de coordination entre nos deux syndicats. D’ailleurs ce travail en intelligence commune s’étend aux niveaux local et sectoriel. Nous faisons entendre notre voix afin que ce gouvernement y réponde. S’il ne réagit pas, nous agirons en conséquence et aurons notre mot à dire.

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