Abou Mazen au premier plan

Il fallait un Premier ministre pour l’Autorité palestinienne. On l’a trouvé. Et sur proposition du président Arafat, Mahmoud Abbas Abou Mazen, a été choisi par le conseil central de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) qui s’est réuni samedi à Ramallah. La réforme des instances de l’Autorité palestinienne bat ainsi son plein. Même en état de siège imposé par l’armée israélienne. Mahmoud Abbas n’est pas un inconnu de la scène politique palestinienne et arabe.
Fondateur avec Yasser Arafat, et d’autres responsables palestiniens, du mouvement Fatah, fondateur aussi de l’OLP, M. Abou Mazen est de ces leaders palestiniens qui ont opéré un véritable tournant dans leur vie d’activiste. Très dur à l’égard d’Israël, des USA et leurs alliés, il est devenu après le siège de Beyrouth de 1982 et la déportation de la direction palestinienne à Tunis, l’un des dirigeants les plus conciliateurs. Homme de confiance, il a été derrière plusieurs initiatives de rapprochement entre les deux camps. Discret, il a vu défiler devant lui tous ceux qui du côté palestinien appelaient au dialogue. En premier Issam Sertaoui qui a été liquidé à Lisbonne par les éléments d’Abou Nidal, dit-on..
Son ascension due en partie à ses effets d’armes des années soixante, à ses liens distants des panarabismes, mais surtout à ses bons rapports avec l’URSS du temps du projet de Moscou de paix en Palestine, au début des années 1980, et avec l’Union européenne, lors du communiqué de Venise, il y a une vingtaine d’années…
Toujours au second plan, toujours à l’ombre d’Arafat, il était l’émissaire du président chez les leaders arabes et le messager de ces derniers vers le chef de l’OLP…
Depuis l’assassinat il y a une quinzaine d’années d’Abou Ayad, le numéro deux de l’OLP d’alors, et surtout le meurtre d’Abou Jihad, le grand stratège, Abou Mazen était donné pour successeur d’Arafat. Et le président de l’Autorité a de nouveau pressé samedi son bras droit d’accepter de devenir Premier ministre, mais Mahmoud Abbas a réservé sa décision jusqu’à ce que les prérogatives de ce poste soient précisées. «J’espère qu’Abou Mazen va accepter le poste de Premier ministre», a déclaré M. Arafat dans un discours prononcé à Ramallah à l’ouverture d’une réunion du Conseil central de l’Organisation de libération de la Palestine (CCOLP). «Je vous conjure de donner votre aval à la nomination d’Abou Mazen», a-t-il déclaré, ajoutant que le Comité exécutif de l’OLP (CEOLP) avait déjà entériné ce choix. Le CCOLP a mis au point le projet de l’amendement de la Loi fondamentale pour rendre possible la nomination d’un Premier ministre.
Vendredi soir, Yasser Arafat et Abou Mazen s’étaient rencontrés pour tenter de trouver un accord sur la répartition des pouvoirs entre le président et son futur chef de gouvernement. Malgré certains progrès, des divergences sur ce point essentiel subsistent entre les deux responsables, ont indiqué des proches d’Abou Mazen.Maintenant qu’Abou Mazen est nommé Premier ministre, reste à savoir si son discours apaisant, son appel incessant à désarmer l’Intifada et l’estime dont il jouit auprès des dirigeants européens, notamment en France vont lui être d’un quelconque secours face à la politique meurtrière d’Ariel Sharon.
On n’attendra sûrement pas longtemps pour se rendre à l’évidence.

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