Adhésion du Maroc à la CEDEAO : Les détails de l’étude d’impact

Adhésion du Maroc à la CEDEAO :  Les détails de l’étude d’impact

Plus d’un tiers des exportations marocaines vers l’Afrique étaient dirigées vers les pays de la Communauté en 2016

La perspective d’adhésion du Maroc pourrait faciliter le flux des investissements entre le pays et les États membres actuels, mais aussi accroître l’attractivité du regroupe-ment ainsi constitué en matière d’investissement.

ALM a pu avoir accès à l’étude de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) sur l’implication de l’adhésion du Maroc à ce groupement. Le document, dont le journal détient copie, comporte de nombreux aspects positifs. «L’économie marocaine pourrait renforcer la stabilité macroéconomique du futur regroupement et donc, favoriser la convergence en CEDEAO», lit-on dans le rapport qui précise que «l’analyse des données macroéconomiques du Maroc pour la période 2012-2016 montre qu’elles ont globalement satisfait aux critères de convergence définis par la Communauté». Il s’est averé que le Maroc entretient déjà des relations commerciales avec l’Afrique de l’Ouest, bien que celles-ci soient concentrées dans une poignée de pays et de secteurs. De nouvelles réformes, à l’instar de l’adoption du tarif extérieur commun de la CEDEAO, favoriseront le développement des chaînes de valeur régionales et consolideront l’intégration régionale. Dans les détails, les exportations marocaines sur l’Afrique étaient dirigées à 37,3 % vers la CEDEAO en 2016. Un taux qui fait de la Communauté la principale destination des exportations marocaines sur le plan régional. Certes, les échanges commerciaux du Maroc avec l’Afrique sont inférieurs à 10%, ceux avec la CEDEAO sont plutôt en hausse.

Le Maroc importe essentiellement du carburant et des produits manufacturés (27,2 %) ainsi que des produits alimentaires (15,4 %)». «Ces importations proviennent surtout du Nigeria, du Togo, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée et du Sénégal. Le Maroc exporte principalement vers la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Nigeria, des produits manufacturés, des engrais, des matériaux de construction, du papier, des machines, des produits pharmaceutiques, des emballages métalliques et des chaussures», dévoile l’étude expliquant que «la perspective d’adhésion du Maroc pourrait faciliter le flux des investissements entre le pays et les États membres actuels, mais aussi accroître l’attractivité du regroupement ainsi constitué en matière d’investissements». Il faut dire que le Royaume reste un investisseur important au sein de la Communauté. Les chiffres sont édifiants puisque pour la seule année 2015, le flux total d’investissements directs étrangers marocains dans la Communauté s’élevait à 153 millions de dollars. De 2010 à 2014, les stocks d’investissements directs étrangers marocains y ont pratiquement doublé, passant de 492 millions de dollars à 976 millions de dollars. L’étude rappelle que «le Maroc a déjà signé avec huit pays membres neuf accords bilatéraux d’investissement, dont trois sont actuellement en vigueur. Ces accords sont différents de par leur substance, et l’accès du Maroc au statut de membre à part entière de la Communauté pourrait donner lieu à un accroissement de l’investissement au sein du bloc régional».

Sur le plan financier, il est indiqué que les banques marocaines participent largement de nos jours à l’animation du système financier de l’espace CEDEAO puisqu’elles ont une présence de plus en plus marquée. «La présence des grands groupes marocains du secteur de la banque et de l’assurance est clairement un signe de l’intérêt porté par les opérateurs économiques marocains au marché ouest-africain et au dynamisme de ses économies. Ce secteur peut également jouer son rôle de levier pour attirer plus d’investissements vers d’autres secteurs». C’est dire qu’avant même l’élargissement de l’espace les entreprises marocaines participent déjà à la création, l’alimentation et la gestion des différents risques en Afrique de l’Ouest, comme le confirme la même source.

Trois étapes juridiques

D’un point de vue juridique, l’étude sur l’implication de l’adhésion du Maroc à la CEDEAO identifie trois étapes. Dans un premier temps, un consensus est atteint au niveau de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement des États membres de la CEDEAO et un projet d’Acte additionnel relatif à l’adhésion du Royaume du Maroc à la CEDEAO est élaboré.

Dans ce cas, inutile de réviser le Traité. L’option de l’Acte additionnel permettra aux chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO d’analyser, ultérieurement, et au cas par cas, les demandes d’adhésion des États tiers. En cas de validation de l’adhésion du Maroc, les questions relatives à la liberté de circulation des personnes et des biens, au droit de résidence et d’établissement, la monnaie unique, le tarif extérieur commun de la CEDEAO, ainsi que tous les aspects techniques des futures relations entre la CEDEAO et le Maroc doivent nécessiter un délai de transition en vue de réussir le processus d’intégration. Du point de vue politique, de la paix et de la sécurité, l’étude souligne que les capacités militaires, les équipements et les prouesses économiques du Maroc représenteraient un plus pour les efforts de paix, de sécurité et de stabilité de la région CEDEAO, en particulier dans le domaine des opérations de maintien de la paix, de la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, de la sécurité maritime et de la médiation dans les conflits.

Evolution des exportations marocaines

Sur la période 2014-2016, plus de 60% (soit environ deux tiers) des exportations du Maroc vers la CEDEAO étaient constituées de produits manufacturés, notamment des engrais, des matériaux de construction, du papier, des cartons, des machines, des équipements de transport, des médicaments, des emballages métalliques, des structures métalliques et des chaussures.

L’autre tiers était constitué de produits alimentaires, en particulier du poisson et de la farine de blé ou de méteil.

Il faut dire que la part des exportations à destination de la CEDEAO continue d’augmenter et de gagner en importance.

Historique

Principale Communauté économique régionale (CER) en Afrique de l’Ouest, la Commission de la CEDEAO est le pilier incontestable sur lequel repose le processus d’intégration continentale, tel que prônée par l’Union africaine. Elle regroupe un ensemble de 15 pays et vise à promouvoir la coopération et l’intégration dans les domaines économique, social et culturel. Cette intégration est supposée être atteinte au terme d’un processus devant conduire en définitive à une Union économique et monétaire, par l’intégration complète des économies nationales de ses Etats membres, le relèvement du niveau de vie et le renforcement de la stabilité économique.

La CEDEAO et ses États membres sont également engagés dans plusieurs accords commerciaux au plan bilatéral et continental, notamment l’Accord de partenariat économique (APE) avec l’Union européenne et la Zone de libre-échange continentale dont la mise en œuvre devrait engendrer des impacts significatifs sur les économies de la région. Dans la perspective de création de l’Union monétaire, la région a adopté en 1987 le Programme de coopération monétaire de la CEDEAO en vue de l’harmonisation des politiques macroéconomiques et en 1999 un dispositif de convergence économique pour assurer le suivi des économies.

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