Affaire «Jebliya» : Les policiers blanchis

Affaire «Jebliya» : Les policiers blanchis

Heureuse issue pour les policiers et les gendarmes, une trentaine, poursuivis pour corruption dans le cadre de l’affaire «Jebliya». Ces derniers ont été innocentés, lundi soir, par la Chambre criminelle (2ème degré) près la Cour d’appel de Rabat qui statuait sur les recours introduits par leur défense. En avril dernier, la même Cour avait condamné 24 policiers, dont l’ex-chef de Sûreté de Salé, et 7 gendarmes en poste à Laâyayda à une année de prison ferme assortie de 1.000 DH d’amende pour corruption.La principale accusée, Fatiha Hamoud (alias «Jebliya»), elle, a vu sa peine de prison réduite à huit ans au lieu des dix selon le verdict prononcé en avril dernier. Son bras droit Abdelaziz Belahcen, surnommé «Eddab», a eu droit à la même réduction de peine et devra purger six ans de prison ferme au lieu des huit selon le précédent verdict. Les deux accusés, contrairement aux nouvelles requêtes formulées par l’Administration des Douanes et rejetées par les magistrats, devront passer à la caisse. La première pour payer la somme de 520.880.000 DH au profit de la même administration, alors que les deux accusés devront payer, solidairement, 20.000.000 DH.
L’affaire «Jebliya» remonte à l’été dernier avec l’arrestation en août de Fatiha Hamoud faisant l’objet, à l’époque, de plusieurs mandats d’arrêt émis, entre autres, par les services de police de Salé pour trafic de drogue. Cette dernière, selon les éléments de l’enquête diligentée par la suite, a pris la relève de son mari purgeant une peine de prison de cinq ans pour trafic de drogue dans le même quartier relevant de la compétence territoriale de la Gendarmerie royale de Laâyayda. Elle aurait alors bénéficié de la complicité, moyennant pots-de-vin, de gendarmes et policiers de divers grades en poste à Salé. Au fil des enquêtes se multiplieront les arrestations parmi ces mêmes responsables. Et parmi les personnes poursuivies, figurent plusieurs commissaires de police dont l’ex-chef de Sûreté de Salé, A.K. Devant les juges, ce sera finalement un total de 33 accusés pour un procès riche en rebondissements, notamment avec l’appel à la barre, comme témoin, de N.B (alias «Dracula») et les multiples reports qui avaient fini par pousser les familles des prévenus à manifester leur dépit. Et donner lieu parfois à des prises de bec entre avocats de la défense ou entre ces derniers et le représentant du Parquet. En avril dernier, les verdicts tomberont pour susciter de nouveaux remous. Les familles des gendarmes et policiers condamnés à un an de prison n’hésiteront pas à bruyamment manifester à Rabat et squatter les environs du ministère de la Justice pour demander la libération des leurs. Proches et défense des accusés affirmaient que ces derniers avaient été condamnés malgré l’insuffisance, sinon l’inexistence, de preuves les accablant. Pour eux, la justice n’aurait pu s’en tenir aux dires, parfois contradictoires, d’autres accusés poursuivis dans le cadre du même procès.

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