Al Qaïda au Maghreb islamique : vive inquiétude sur le sort d’un otage de 78 ans

Al Qaïda au Maghreb islamique : vive inquiétude sur le sort d’un otage de 78 ans

Le sort d’un Français de 78 ans, Michel Germaneau, otage au Sahel depuis avril, suscite une vive inquiétude en France, l’organisation Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) menaçant de l’exécuter à partir du 26 juillet si plusieurs de ses membres ne sont pas libérés. Au lendemain de l’«inquiétude brûlante» évoquée par le président français Nicolas Sarkozy à l’égard de ce Francais, membre d’une association humanitaire, les autorités françaises ont laissé entendre mardi qu’elles avaient peu d’informations précises. «Nous avons vu sur un site Internet il y a quelques jours un ultimatum (…) suffisamment inquiétant pour être pris très au sérieux» mais «les autorités françaises n’ont reçu à ce jour aucune demande des ravisseurs», a dit à la presse le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero. Selon SITE, un centre américain de surveillance des sites islamistes, l’Aqmi a adressé dimanche un message à l’attention de Paris dans lequel elle menace de tuer le Français si Paris ne satisfait pas ses demandes d’ici 15 jours. L’Aqmi, qui opère dans une zone désertique aux confins du Niger, du Mali, de la Mauritanie et de l’Algérie, réclame la libération de membres détenus dans la région. Début juin, la Mauritanie avait toutefois rejeté toute libération de prisonniers qu’elle détient pour obtenir celle d’otages occidentaux. Faute de réponse, «alors la France aura condamné à mort son ressortissant et (le président Nicolas) Sarkozy aura fait le même choix insensé» que l’ancien Premier ministre britannique Gordon Brown, a averti l’Aqmi. En juin 2009, Edwin Dyer, un touriste britannique enlevé six mois plus tôt, avait été tué par l’Aqmi après que Londres eut refusé de céder au chantage des ravisseurs. Outre le Français, l’Aqmi séquestre deux Espagnols, Albert Vilalta (35 ans) et Roque Pascual (50 ans), enlevés en novembre 2009 en Mauritanie. A la mi-mai, l’Aqmi avait diffusé un enregistrement sonore et une photo présentés comme ceux de Michel Germaneau. La photo représentait un homme âgé, barbu, vêtu d’une tunique ocre et portant un turban sur la tête, sur fond d’une banderole noire sur laquelle était inscrit le nom d’«Al Qaïda au Maghreb islamique». Etait également montrée avec la photo une carte d’identité française, portant le nom de Michel Germaneau, né en 1932. Le Français a été enlevé le 19 avril (l’Aqmi affirme qu’il s’agit du 22 avril) dans le nord du Niger avec un ami algérien qui conduisait leur voiture et qui a depuis été libéré. Selon des sources nigériennes et françaises, le Français serait détenu aujourd’hui dans le nord du Mali. Vivant près de la ville de Marcoussis, dans la région parisienne, Michel Germaneau était parti au Niger pour le compte de la petite association Enmilal spécialisée dans l’éducation et la santé, «afin de voir une école ouverte en 2009 dans le village In-Abangharet» par cet organisme humanitaire, a expliqué mardi à l’AFP sa présidente, Yvonne Montico. «C’est un membre très actif de l’association, qui prend des médicaments pour le cœur. Il venait de quitter le village lorsqu’il a été enlevé avec le co-président de l’association, Abidine Ouaghi, de nationalité algérienne», a-t-elle ajouté. Le rôle de cet Algérien dans le rapt reste flou, puisqu’il avait été inculpé par les autorités nigériennes de complicité d’enlèvement. Une thèse qui laisse sceptiques les proches de l’otage. «Ingénieur électronicien, jamais marié et sans enfant, Michel Germaneau a travaillé pour différentes entreprises avant de prendre sa retraite. A ce titre, il a beaucoup voyagé, à Mururoa en Polynésie française, au Brésil, ou au Gabon», a précisé à l’AFP Pierre Duprat, un ami de longue date de l’otage.

 Philippe Rater (AFP)

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