Algérie : La presse s’interroge sur la santé de Bouteflika

Algérie : La presse s’interroge sur la santé de Bouteflika

Des journaux algériens s’interrogeaient lundi sur l’état de santé du président Abdelaziz Bouteflika qui est apparu fatigué lors de son discours télévisé de vendredi soir, El Watan demandant au chef de l’État de «prouver» qu’il est capable de mener les réformes qu’il a annoncées. «Les téléspectateurs ont découvert toute la réalité de la dégradation de la condition physique de leur chef de l’Etat que laissaient toutefois deviner, depuis longtemps, ses rares apparitions», a observé le journal. M. Bouteflika, 74 ans, se trouvait samedi et dimanche à Tlemcen (nord-ouest) «capitale de la culture islamique» pour 2011, où il a inauguré de nombreuses infrastructures, et où il a reçu un accueil prouvant qu’il jouit d’une «popularité sans faille», selon El-Moudjahid (gouvernemental). Le chef de l’Etat algérien avait été opéré fin 2005 d’un «ulcère hémorragique au niveau de l’estomac» à l’hôpital militaire parisien du Val de Grâce. Un an après, il avait affirmé avoir été «très malade» mais s’en être sorti «de manière absolument fabuleuse». «Il est tout à fait clair que lorsque j’aurai des problèmes de santé, je rentrerai chez moi définitivement», avait-il dit. «Sera-t-il en mesure, vu son état de santé, de mener à terme et de contrôler tout ce chantier qu’il a ouvert et qu’il entend contrôler de bout en bout ainsi qu’il l’a déclaré»?, s’interroge l’éditorialiste Ali Bahmane, qui lui demande de «prouver qu’il est en mesure de tenir le gouvernail». «Un bulletin de santé régulièrement délivré s’impose aujourd’hui et c’est la première des conditions», souhaite le journaliste. Pour le chroniqueur du Soir d’Algérie, Hakim Laâlam, l’état de santé du président de la République «nécessite du repos, beaucoup de repos, une retraite, beaucoup de retraite et des décisions urgentes sur cette vacance de direction du pays qui ne veut pas dire son nom alors qu’elle est inscrite en gros caractères sur les écrans de 33 millions d’Algériens». Le politologue Mohamed-Chafik Mesbah, ancien officier du Renseignement, a noté dans ce même journal que «c’est l’image pathétique d’un homme, psychologiquement et physique usé qui se dégage» du discours de vendredi. «Image émouvante et saisissante», observe un autre politologue, Rachid Tlemçani, dans El Watan. «Les Algériens ont découvert un homme visiblement très éprouvé physiquement et affaibli par la maladie», selon lui.  Par ailleurs, vingt militaires ont été tués vendredi soir et dimanche matin dans trois attaques à l’est d’Alger, une région où Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a revendiqué tous les attentats contre les forces de sécurité algériennes. Cinq soldats sont morts dimanche lorsque les deux véhicules à bord desquels ils circulaient ont sauté sur des bombes près d’Ammal (70 km à l’est d’Alger), chutant dans un ravin, a indiqué à l’AFP une source sécuritaire. Moins d’une heure auparavant, un gendarme a été tué par l’explosion d’une bombe en milieu de matinée à Bouderbala, dans le département de Bouira (120 km au sud-est d’Alger), près d’un chantier appartenant à une société chinoise, selon cette source. Vendredi soir, quatorze militaires ont été tués et au moins dix blessés lorsqu’un groupe armé islamiste a attaqué un poste militaire à Azazga (140 km à l’est d’Alger). Le poste attaqué est un campement situé à l’entrée du massif boisé de Yakouren de 13.000 hectares, traversé par la RN 12 qui grimpe et descend en lacets. Accessible par un chemin forestier interdit aux civils, le poste n’est pas visible à partir de la route et domine un hôpital, à la sortie d’Azazga, en Kabylie.

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