Algérie : Tamazight, une langue nationale

«J’ai décidé en toute liberté et en toute conviction d’inscrire dans la Constitution le tamazight comme langue nationale sans autre intention que de servir le pays et l’intérêt national », a déclaré le chef de l’Etat algérien dans un discours à la Nation ce mardi. Si cette reconnaissance du tamazight, une des principales revendications de la plate-forme d’El Kseur, a pour but d’apaiser la menace de boycott des prochaines élections législatives algériennes, elle est cependant loin de satisfaire entièrement les dialoguistes des Aârouch.
Leur réaction ne s’est d’ailleurs pas faite attendre, comme dans le Soir d’Algérie qui rapporte les propos de Allouche Mohamed, représentant de la Coordination des comités citoyens (CADC) pour la wilaya de Bouira. «La population attend toujours du premier magistrat du pays la satisfaction pleine et entière de la plate-forme d’El-Kseur sans dialogue avec quelque partie que ce soit, déclare-t-il. Le pouvoir voulait fragmenter le mouvement mais, par cette sortie incantatoire, il ne fait que nous conforter dans notre position. La réponse du mouvement à ce discours, le pouvoir la saura à travers la rue dans les jours à venir ».
Même scepticisme dans le Jeune Indépendant, qui revient quant à lui dans son édition de mercredi sur le « oui… mais » du président. « Tamazight sera langue nationale mais pas officielle ; les équipes de la Gendarmerie nationale dans la Kabylie seront redéployées mais ne partiront pas ; un statut de victime, mais non pas de martyr, sera attribué aux victimes du printemps noir (avril 2001) », commente le quotidien. Le Matin, plus modéré, note pour sa part le «réexamen» et la «reconsidération» de l’implantation des unités de gendarmerie». Un principe, selon le journal, « accepté par les dialoguistes au cours des ateliers mixtes avec le gouvernement».
D’ailleurs, si Liberté souligne la «consécration d’un long combat» et de «pas de géant» concernant l’officialisation du tamazight, le journal salue aussi la décision de M. Bouteflika concernant cette deuxième grande revendication kabyle. «Bouteflika a mis les choses au clair concernant une aberrante revendication contenue dans la plate-forme d’El-Kseur.
Désormais, la question relève de la souveraineté nationale » souligne le journal. Dans la presse, comme au sein du mouvement des citoyens, le discours du président est donc relayé par des commentaires mitigés. Reste à savoir si ces «concessions » du pouvoir sont assez suffisantes pour que les délégués kabyles cessent de rejeter le prochain scrutin législatif du 30 mai prochain.

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