Algérie : Une grève de la faim contre la gabegie

Algérie : Une grève de la faim contre la gabegie

Dix-huit jeunes chômeurs de Sidi Bel Abbès, en Algérie, ont entamé hier leur dixième jour de grève de la faim pour revendiquer la mise sur pied d’une Commission d’enquête ministérielle, indépendante, afin de s’enquérir de la gestion des  fonds publics injectés ces dernières années dans divers projets de  développement à Ras El Ma, dans la wilaya de Sidi Bel Abbès (440 km à l’ouest  d’Alger).  Ces jeunes sont installés sous un abri en plastique, devant l’entrée  principale du siège de la commune, indique la presse locale, précisant que leur état de santé ne cesse de se détériorer.
Deux grévistes ont été évacués, vendredi dernier, vers un hôpital local pour des troubles gastriques et des douleurs thoraciques et lombaires.
Plusieurs citoyens se sont solidarisés avec les grévistes de la faim en  dénonçant l’attitude «belliqueuse» du sénateur FLN (Front de libération  nationale au pouvoir) de Ras El Ma. Ce sénateur, au lieu de se pencher sur les revendications des grévistes, profère des menaces contre ces derniers s’ils ne cessent pas leur mouvement, déplorent ces citoyens qui qualifient de «légitimes» les revendications en question puisqu’ils «réclament une plus  grande équité en matière d’accès à l’emploi et un contrôle plus strict des  dépenses publiques». La corruption et les passe-droits en matière de recrutement ont atteint un seuil intolérable, écrit le quotidien El Watan, citant des jeunes sur place.
«Même les postes d’emploi temporaires accordés dans le cadre du filet social sont répartis en fonction de l’appartenance tribale du postulant ou de sa  capacité à graisser la patte aux élus locaux», renchérit un autre citoyen cité  toujours par El Watan.
A Annaba (600 km à l’est de la capitale), 18 étudiants poursuivent leur grève de la faim en protestation contre le procès intenté à leur encontre par  les directeurs des résidences universitaires Sidi Achour 1 et 2, rapporte lundi le quotidien arabophone El Khabar.  Ces étudiants, dont huit ont été transportés dimanche à l’hôpital suite à la détérioration de leur état de santé, sont accusés d’avoir démoli le mur qui sépare la résidence des étudiants de celle des étudiantes. Ils réclament le retrait de la plainte déposée contre eux par les directeurs des deux cités universitaires, contre l’arrêt de la grève de la faim, ce que rejettent les plaignants.
12 étudiants dont une étudiante ont été condamnés à six mois de prison avec sursis pour démolition du mur en question après que l’administration l’ait reconstruit à trois reprises. Des inconnus ont pénétré dernièrement, à la faveur d’une coupure  d’électricité, dans l’enceinte de la résidence pour démolir le mur séparant les deux résidences qui accueillent 2500 étudiants, souligne le journal qui  précise que suite à cette démolition, des étudiants ont reçu des convocations de  la police qui leur reproche d’être à l’origine de cet acte.
 

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