Amazigh : Le projet de loi «est un retour en arrière» selon Omari

Amazigh : Le projet de loi «est un retour en arrière» selon Omari

Le PAM critique sévèrement le texte adopté in extremis par le gouvernement sortant

Les deux groupes parlementaires du PAM viennent d’organiser, hier mardi, une journée d’étude sur le projet de loi organique au Parlement en présence notamment du secrétaire général du PAM, Ilyas Omari.

Le débat sur l’officialisation de la langue amazighe refait surface. Adopté in extremis par le Conseil des ministres quelques jours avant les élections législatives, le projet de loi organique sur l’officialisation de la langue amazighe fait aujourd’hui l’objet de critiques sévères de la part du Parti authenticité et modernité (PAM). Les deux groupes parlementaires de ce parti viennent, en effet, d’organiser une journée d’étude sur le projet de loi organique au Parlement en présence notamment du secrétaire général du PAM, Ilyas Omari.

Prenant la parole, ce dernier n’a pas mâché ses mots. Il a ainsi mis en garde contre un retour en arrière avec le texte élaboré par le gouvernement Benkiran lors de la précédente législature. Plus loin encore, Omari a affirmé que le PAM «sera la voix de ceux qui défendent la cause amazighe en dehors du Parlement». Même son de cloche chez Aziz Benazouz, président du groupe parlementaire du PAM à la Chambre des conseillers. «Les choses ne vont pas bien en ce qui concerne l’amazigh ainsi que certains acquis au niveau des droits», a-t-il dit. Il faut préciser que ledit texte se trouve toujours au stade de projet en attendant son adoption définitive par le Parlement. Seul bémol, l’institution législative est toujours en situation de chômage technique en l’absence d’une majorité gouvernementale.

Difficile de démarrer l’examen du projet de loi organique en l’absence d’une majorité et une opposition parlementaires claires même si les commissions parlementaires ont déjà été formées. Reste à savoir comment les partis politiques représentés au Parlement vont aborder le sujet qui reste sensible alors que plusieurs associations avaient critiqué le texte élaboré par le gouvernement sortant. Dès la publication dans la presse des premières fuites concernant le projet avant son adoption par le Conseil des ministres, des associations avaient demandé la refonte du projet critiquant la démarche du chef de gouvernement qui aurait, selon elles, «créé une simple adresse mail pour recevoir les propositions des associations, au cours de l’élaboration du projet de loi». Le débat promet d’être houleux au Parlement mais également sur la scène publique. Pour rappel, la Constitution de 2011 avait fait de l’amazigh une langue officielle du pays. L’article 5 de la Constitution stipule que «l’amazigh constitue une langue officielle de l’Etat, en tant que patrimoine commun à tous les Marocains sans exception. Une loi organique définit le processus de mise en œuvre du caractère officiel de cette langue, ainsi que les modalités de son intégration dans l’enseignement et aux domaines prioritaires de la vie publique, et ce afin de lui permettre de remplir à terme sa fonction de langue officielle». Le projet de loi organique adopté en septembre dernier définit les principes généraux encadrant la mise en œuvre du caractère officiel de la langue amazighe et les modalités de son intégration dans le secteur de l’enseignement, la législation, l’action parlementaire, l’information et la communication, la création culturelle et artistique, dans l’administration, les services, établissements publics et collectivités territoriales et dans les espaces et les services publics.

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