Amman se démarque de Hassan Ibn Talal

En réaction à la présence «surprenante» de Hassan Ibn Talal à cette réunion, le gouvernement jordanien a affirmé qu’il ne s’agissait pas là d’un signe du changement de la position d’Amman, qui s’oppose à toute action militaire contre l’Irak, et encore plus à l’ingérence dans ses affaires internes. Mohammed Al-Oudwane, le ministre d’Etat chargé des Affaires politiques et porte-parole officiel du gouvernement jordanien, a souligné que la participation du prince Hassan à cette réunion «est une initiative purement personnelle, qui n’exprime en rien la position de l’Etat jordanien». Et d’ajouter que le prince Hassan Ibn Talal ne «jouit d’aucune qualité officielle, comme il l’a lui-même exprimé clairement lors de ladite réunion».
«Nous avons été surpris par cette participation (du prince Hassan) dont ni les hautes autorités, ni le gouvernement n’étaient au courant», a ajouté le ministre jordanien, soulignant que «d’ailleurs, la position du prince Hassan ne correspond en aucun cas à celle officielle et intangible de la Jordanie envers l’Irak frère». Cité par le quotidien londonien Ashrq Al-Awsat, le Dr Al-Oudwane a réitéré la position de son pays qui s’oppose à toute forme d’intervention dans les affaires internes de l’Irak ou de tout autre pays, de quelque manière que ce soit. Il a également mis l’accent sur la gravité de l’exploitation de ce genre d’ «incident», alors que l’on évoque différents scénarios pour aborder la question irakienne.
Les déclarations de M. Al-Oudwane ont été reprises par Marwane Moasher, le ministre jordanien des Affaires étrangères, en visite au Caire, ainsi que par le Premier ministre Ali Abou Raghib lors d’une conférence de presse. «L’unique solution au problème (de l’Irak) est la poursuite du dialogue entre l’Irak et l’Organisation des Nations Unies, conformément à la légalité internationale», a-t-il dit. Ashrq Al-Awsat revient par ailleurs sur la réunion des officiers irakiens opposants à Saddam Hussein, qui a abordé ce qui a été qualifié de «plan secret» pour affronter la situation de l’après Saddam Hussein, ainsi que le rôle de l’armée dans le raffermissement de la stabilité du pays. La mise en garde lancée à l’égard de l’Iran par Oudeï, le fils aîné du chef de l’Etat irakien, est considérée par les observateurs comme le signe le plus significatif des craintes du commandement irakien d’une éventuelle opération militaire américaine visant à renverser le président Saddam Hussein.
Le président américain George W. Bush avait promis lundi dernier d’ «utiliser tous les outils à (sa) disposition» pour réussir à renverser Saddam Hussein. Se décrivant lui-même comme un homme patient, M. Bush a assuré lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche qu’il restait persuadé que «le monde serait plus sûr, plus pacifique s’il y avait un changement de régime» en Irak.
M. Bush a qualifié de «spéculations» les rumeurs sur d’éventuels préparatifs à une intervention militaire américaine en Irak et a conseillé à son administration de ne pas rentrer dans le jeu de la presse sur ce point. Mais, a-t-il ajouté, les Etats-Unis n’en souhaitent pas moins un changement de régime «et nous utiliserons tous les outils à notre disposition pour y parvenir». Il a qualifié d’«hypothétique» la perspective qu’il agisse au cours de son premier mandat.

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