«Annajat» : les responsables doivent rendre des comptes

Les responsables de l’affaire « Annajat » ne doivent pas rester impunis. C’est ce que vient de révéler un sondage d’ALM. Sur un nombre de 3128 lecteurs sondés, 72,9% pensent que ces responsables doivent rendre des comptes, alors que 23,4% seulement sont contre, et 3,7% affirment « ne pas savoir ». De ce sondage, il ressort donc que la majorité des lecteurs d’ALM optent pour un règlement de l’affaire par la voie judiciaire. Cette tendance traduit une volonté de plus en plus partagée de voir traduire ceux qui sont comptables de cette affaire qui a éclaté à la veille des législatives de 2002. Elle explique également pourquoi de plus en plus de victimes préfèrent avoir recours aux tribunaux. Le 30 novembre 2006, deux victimes de « Annajat » de Salé ont déposé une plainte auprès du Procureur général du Roi près la Cour d’appel de Rabat, pour « escroquerie » et « non-dénonciation », contre Abbas El Fassi, ministre d’Etat sans portefeuille et secrétaire général  du parti de l’Istiqlal. Dans cette plainte, dont ALM a reçu copie, les plaignants, après un bref rappel de la mémorable escroquerie orchestrée par la société émiratie, ont affirmé avoir été «induits en erreur par des déclarations mensongères et la dissimulation de faits avérés par Abbas El Fassi», titulaire à l’époque du portefeuille de l’Emploi. Dans la même plainte, les plaignants ont demandé que l’actuel ministre d’Etat soit poursuivi, en vertu de l’article 540 du Code pénal, pour « non-dénonciation ». Les victimes ont cité, à l’appui de leur argumentaire, les déclarations du ministre concerné devant le Parlement et lors d’une émission télévisée diffusée en direct sur 2M. Par la même occasion, les plaignants ont montré du doigt les responsables de l’ANAPAEC qui auraient vu signer dans leurs locaux les contrats d’embauche de 13 mois tout en sachant que « toute l’opération était un grand mensonge ». Et ce n’est pas tout… Le 19 décembre dernier, la police judiciaire de Rabat a ouvert une enquête concernant la plainte déposée contre Abbas El Fassi, par un petit groupe d’autres victimes de cette mémorable arnaque. C’est sur la base de ces auditions que la PJ devra élaborer un rapport qui sera transmis au Parquet, lequel décidera des mesures à prendre.
Le nombre des victimes qui ont porté plainte jusque-là s’élève à six, originaires notamment des villes de Rabat, Salé et Taounate, sans oublier un habitant de Béni Mellal décédé suite à un suicide pour protester contre cette escroquerie.
Cette liste des plaignants est encore appelée à s’agrandir. Dernièrement, le Comité national de coordination des victimes d’Annajat a appelé tous ses membres à suivre l’exemple des plaignants et saisir la justice vu que, faute de récépissé, leur association ne saurait le faire de manière collective.

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