Arafat de nouveau menacé de mort

Yasser Arafat est depuis plusieurs années dans le collimateur d’Israël. Mais aujourd’hui, les menaces de mort à l’encontre de sa personne se précisent de jour en jour. « Chacun subira ce qu’il mérite », a martelé Ariel Sharon, laissant entendre qu’un sort similaire à celui qu’Israël a réservé au Cheikh Ahmad Yassine et Ahmad Rantissi pourrait prévaloir pour Arafat.
En effet, Le Premier ministre israélien vient de réitérer ses menaces contre le dirigeant palestinien. Ce n’est pas la première fois que Sharon évoque l’élimination du leader palestinien. Il avait auparavant parlé du bannissement ou l’assassinat du président de l’Autorité palestinienne, si ce n’était un sort encore pire qui lui serait réservé.
Depuis que Yasser Arafat a été confiné dans sa Moqataâ à Ramallah en 2001, Israël se fait un plaisir de lui signifier que son sort est entre les mains de l’occupant et que celui-ci n’hésitera aucunement à l’assassiner. C’est un droit, estime Israël, comme tous les autres, qu’il s’est adjugé à l’encontre de la légalité internationale et des diverses résolutions de l’ONU. «Nous avons agi contre les chefs du Hamas et contre d’autres de la manière que nous avons jugée la plus adéquate et au moment qui nous convenait. Lorsque le moment sera venu de s’occuper du cas d’Arafat, on agira de la même façon», a prévenu Ariel Sharon dans une interview à la radio publique, dont des citations ont été reprises par l’AFP. Cette dernière sortie du Premier ministre israélien intervient au lendemain d’un discours prononcé par George W. Bush devant l’Assemblée générale des Nations unies. Un discours taxé de tactique en Israël, dont certains responsables estiment que le seul souci du président américain est de donner l’image d’un intermédiaire honnête devant l’ONU, dans l’optique de conquérir d’éventuels soutiens à sa guerre en Irak.
«Ce que nous a demandé le président Bush a un caractère tactique, alors que ce qu’il a exigé des Palestiniens est stratégique, puisqu’il a prôné un changement total de leur direction avec l’éviction d’Arafat», a affirmé à l’AFP un haut responsable israélien sous couvert de l’anonymat.
Ariel Sharon trouve ainsi l’occasion propice pour étaler ses velléités à vouloir contribuer à cette éviction, à sa façon de criminel toutefois, comme il l’avait fait avec les leaders du Hamas. Une fois franchi ce pas et après s’être assuré que les crimes d’Israël suscitent, tout au plus, une vague éphémère de protestations, même lorsqu’il s’agit de l’assassinat de figures emblématiques palestiniennes, Sharon est assuré que même en commettant le pire, rien ne bousculera la marche ensanglantée de l’Etat hébreu. Défier le droit et la légalité internationale est, depuis toujours, le propre de l’Etat colonialiste d’Israël. Petit à petit, des pas ont été franchis et l’on se trouve aujourd’hui face à une recrudescence effroyable en matière d’assassinats, de spoliations et d’exactions de tout genre.
À maintes reprises, des menaces ont été proférées contre Yasser Arafat, provoquant la colère et l’indignation de la communauté internationale, assurément beaucoup plus civilisée que l’Etat hors la loi qui fait des assassinats et du piétinement des droits de l’Homme sa politique de premier ordre.

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