Armement : Un marché en plein essor

L’armement est un marché qui continue à rapporter gros. Dans ce secteur sensible, les affaires vont bon train. Les conflits dont souffrent les pays du Tiers-monde apportent de l’eau au moulin des fabricants d’armes. Bien qu’il n’y ait pas de chiffre officiel, ce marché pourrait rapporter aux pays industriels un paquet annuel qui peut atteindre plusieurs milliards de dollars. Un business que les pays du G8 ne sont pas prêts à abandonner. Conscientes du danger énorme que représente un tel commerce, trois ONG internationales (Amnesty International, Oxfam et le Réseau d’action international sur les armes légères) viennent de publier un rapport dans lequel ils appellent les pays du G8 à agir d’urgence pour une réglementation qui permettra la restriction du marché. Le rapport s’intitule « Les pays exportateurs d’armes du G8 et les transferts d’armes irresponsables». Ce rapport entre dans le cadre de la campagne « Contrôlez les armes » lancée en octobre 2003 par ces trois associations. Cette campagne vise à réduire la prolifération et l’utilisation abusive des armes. Le rapport met la lumière sur une série de faiblesses et de lacunes qui sont communes à de nombreux pays du G8 en matière de contrôle des exportations d’armes.
«Chaque année, des centaines de milliers de gens sont tués, torturés, violés ou déplacés de force parce que des armes sont utilisées de manière abusive», a déclaré Irene Khan, secrétaire général d’Amnesty International. «Comment prendre au sérieux l’engagement du G8 de mettre fin à la pauvreté et à l’injustice quand on constate que certains de ses membres menacent la paix et la stabilité en approuvant sciemment des transferts d’armes à des régimes répressifs, à des régions qui connaissent de terribles conflits ou à des pays qui ont à peine les moyens de s’acheter ces armes ? », s’interroge-t-il.
Selon Barbara Stocking, directrice d’Oxfam, en plus d’être responsables de plus de 80 % des exportations d’armes au niveau mondial, les pays du G8 continuent de vendre des armes qui oppriment les populations les plus pauvres et les plus vulnérables de la planète. Elle a appelé les ministres des Affaires étrangères du G8 qui se réunissent cette semaine à promouvoir l’idée d’un traité sur le commerce des armes et se mettre d’accord sur le processus qui permettra sa concrétisation. Parmi les exemples cités par le rapport, figure la Russie qui exporte des armes lourdes, notamment des avions de combat, à des États dont les forces  sont coupables de violations des droits humains, telle que l’Algérie. Cete dernière est considérée comme le pays africain le plus demandeur en matière d’armements lourds.  
En effet, la Russie avait récemment déclaré qu’elle a l’intention de renforcer sa coopération militaire et ses ventes d’armement vers l’Algérie, l’un des clients fidèles du camp ex-communiste.
Les contrats qui pourront être prochainement signés entre les deux pays s’estiment à 500 millions de dollars. Depuis son indépendance, l’Algérie a entretenu des liens étroits avec les pays de l’ex-URSS. La chute du communisme en 1991 n’a pas empêché l’Algérie de continuer son approvisionnement en armes lourdes. Depuis plus d’un an, des discussions seraient en cours pour la livraison de 50 avions de chasse MiG-29 pour remplacer la flotte algérienne actuelle, déjà composée d’avions soviétiques. Les récents contrats entre les deux pays incluaient la vente de 22 bombardiers tactiques Su-24, de missiles Kh-35, d’hélicoptères de transport et de services d’entretien pour des navires garde-côtes.

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