Attentat meurtrier en Arabie Saoudite

La nuit du samedi à dimanche, des coups de feu ont retenti dans le complexe de Al-Mouhaya, dans la banlieue ouest de Ryad. Une explosion a suivi, puis une deuxième. Des flammes ravagent les villas. Les résidents, en grande partie des expatriés originaires de pays arabes, tentent d’échapper au brasier. Quelques dix morts et une centaines de blessés. Il s’agit de quatre Libanais, quatre Egyptiens et un Soudanais ainsi qu’un Indien. «99 personnes ont été blessées dans l’attentat», a déclaré, sous couvert de l’anonymat, un haut responsable saoudien qui inspectait les lieux. Il se référait à un bilan provisoire. Six villas étaient en feu après avoir été touchées alors que d’autres ont été fortement endommagées. L’attentat a été perpétré en pleine soirée de ramadan, généralement égayée par des fêtes de famille. Il a visé un complexe formé de 200 villas, dont quatre sont occupées par des familles occidentales » parmi lesquelles « deux allemandes et une française. Le site frappé samedi soir, limitrophe du quartier diplomatique à Ryad, est situé non loin du Palais Al-Yamama du Roi Fahd et de celui de son plus jeune fils, le Prince Abdel Aziz. Ces complexes résidentiels fermés sont protégés par des gardes armés. Un responsable saoudien, dont le pays est sur le qui-vive depuis un triple attentat ayant fait 35 tués le 12 mai dans trois complexes résidentiels pour étrangers à Ryad, a attribué l’attentat au réseau terroriste Al-Qaïda d’Oussama ben Laden. «La technique d’exécution de l’attentat est similaire à celle des explosions du 12 mai à Ryad, ce qui confirme que les auteurs du (nouvel) attentat appartiennent au mouvement Al-Qaïda, traqués par les autorités saoudiennes», a déclaré le responsable sous couvert de l’anonymat. Les autorités saoudiennes avaient attribué à Al-Qaïda le triple attentat du 12 mai, qui avait profondément choqué les Saoudiens, qui se croyaient jusque-là à l’abri de ce type de terrorisme. Le risque de nouveaux attentats d’Al-Qaïda persiste, selon Washington qui multiplie les alertes, y compris une menace qui viserait à prendre le contrôle d’avions cargo pour viser des sites sensibles aux Etats-Unis, ou même en Arabie Saoudite. L’Arabie, à laquelle Washington avait reproché son laxisme dans la lutte antiterroriste après les attentats du 11 septembre, dont 15 des 19 auteurs étaient saoudiens, se retrouve en première ligne face au terrorisme : l’attentat de samedi est le deuxième en moins de six mois après celui du 12 mai. Depuis, plusieurs accrochages ont opposé forces de sécurité et extrémistes présumés. Les autorités annoncent épisodiquement la saisie d’importants stocks d’armes dans leur traque des suspects, étendue à La Mecque, premier lieu saint de l’Islam, où, selon elles, deux « terroristes » pourchassés se sont fait exploser jeudi. L’attentat, attribué à Al-Qaïda, a été perpétré le jour même où les Etats-Unis ont fermé leur ambassade et leurs consulats en Arabie après avoir été avertis de l’imminence d’attentats dans ce pays. Aussitôt après l’attentat, le Département d’Etat a ordonné à son personnel diplomatique en poste en Arabie ainsi qu’à leurs familles de rester chez eux et de ne pas quitter le quartier diplomatique.

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