Audiovisuel : La loi et après ?

On saura maintenant si la révolution annoncée dans l’audiovisuel était fondée ou pas. L’adoption, mardi à la Chambre des représentants du projet de loi n° 77-03 relatif à la communication audiovisuelle, ouvre la voie à la libéralisation des ondes.
Cette adoption a été précédée par un cortège verbal proclamant l’imminence d’une explosion des ondes au Maroc. On a annoncé une bousculade sans merci entre les chaînes de radio et de télévision. Le nombre de stations de radio allait décupler. De nouvelles chaînes de télévision allaient voir le jour. Le monopole de l’Etat sur la publicité serait levé. La manne de la publicité, c’est la carotte qui attire les chaînes de télé et les radios. Selon un publicitaire qui a requis l’anonymat, le marché de la pub au Maroc est limité. Il cite les dépenses annuelles en matière de publicité. «Selon les chiffres dont nous disposons et qui correspondent à la réalité, la part des chaînes de télévision dans le marché de la pub s’élève à 639 millions DH par an, respectivement 457 millions de DH à 2M et 182 millions de DH à la TVM. La presse écrite absorbe 22% du marché de la pub avec 254 millions de DH. La radio profite de la manne de 102 millions de DH».
Ce publicitaire ajoute que la grande inconnue reste à savoir si le marché de la publicité allait s’accroître en même temps que le nombre des médias ou demeurer statique. «Il serait naïf de parler d’explosion des ondes si le volume du gâteau de la pub n’augmentait pas. Car ce gâteau ne peut pas répondre à l’appétit de tous, et les chaînes de télé ne vont pas investir de grandes sommes d’argent pour des miettes. Tout au mieux, l’on verra une arrivée massive de radios libres».
Par ailleurs, l’adoption de ce projet de loi sonne l’heure du début du travail de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA). Cette instance délivre les autorisations d’émettre et donne des avis sur le contenu des radios et chaînes de télévision. En plus des préoccupations tenant à la régulation du secteur et au pluralisme de l’offre, le projet de loi relatif à la communication audiovisuelle modifie le statut des organismes publics de radiodiffusion et de télévision.
Ainsi, la Radiodiffusion télévision marocaine (RTM) et le Service autonome de publicité (SAP) seront transformés en société anonyme dénommée «Société nationale de radiodiffusion et de télévision» (SNRT), dont l’Etat détiendra la totalité du capital.
Enfin, le projet de loi consacre le statut spécifique de 2M, dont le capital est détenu majoritairement par l’Etat, et confirme ses missions de service public. Ce projet de loi confirme aussi les choix démocratiques du Maroc. Il consacre les valeurs de modernité, d’ouverture et de tolérance. Maintenant qu’il a été adopté, tout le monde attend qu’il produise plus de sens et d’éclairages à l’adresse des téléspectateurs et auditeurs marocains.

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