Banlieues : Chirac défend l’état d’urgence

S’adressant directement aux Français et ce pour la première fois depuis le début des émeutes qui continuent à enflammer la France depuis le 27 octobre dernier, le président Jacques Chirac a déclaré que ces violences traduisent "une crise de sens, une crise de repères, une crise d’identité". « Nous ne construirons rien de durable si nous ne reconnaissons pas et n’assumons pas la diversité de la société française », a déclaré le président. Jacques Chirac a ajouté que les enfants des quartiers difficiles quelles que soient leurs origines (…) sont tous les filles et les fils de la République. Il a, même, annoncé la création d’un service civil volontaire pour 50.000 jeunes qui auraient ainsi accès à la formation et à l’assistance.
M. Chirac a justifié son souhait de proroger l’état d’urgence "pour une durée limitée" par la nécessité de "rétablir l’ordre public" et de "donner au gouvernement les moyens d’agir".
Toutefois, le président français n’a pas manqué d’insister une fois de plus sur la fermeté. Tout acte criminel sera puni. « Ceux qui s’attaquent aux biens et aux personnes doivent savoir qu’en République on ne viole pas la loi sans être appréhendés poursuivi et sanctionné, » a-t-il affirmé.
Ce discours que le président Chirac a adressé lundi soir avait pour but d’apaiser la polémique concernant le prolongement de l’état d’urgence. Une décision vivement critiquée par la gauche ainsi que diverses ONG notamment, SOS Racisme.
Les socialistes ont, d’ailleurs, manifesté "leur extrême réserve", selon le porte-parole du parti, Julien Dray qui juge l’état d’urgence "peu appliqué". Les Verts, eux, ont annoncé leur intention de voter "contre cet état d’urgence. « Une telle mesure fait croire à une guerre civile qui n’existe pas, » estiment-ils. Pour Nicole Borvo, présidente du groupe communiste au Sénat, il s’agit d’une « nouvelle provocation d’un gouvernement qui érige la démonstration de force en stratégie politique ».
«C’est un choix fort dangereux et contestable au regard des libertés publiques et des droits fondamentaux,» a estimé, pour sa part, dans une lettre ouverte adressée au président le Syndicat de la magistrature (SM, gauche).
La majorité des journaux français ont titré hier leur Une sur les déclarations de Jacques Chirac. Le journal socialiste Libération a opté pour un titre moqueur : «Jacques Chirac a chaussé ses lunettes». Effectivement, le président Chirac, lors de cette sortie médiatique, ne portait pas de lunettes.
«Ce discours était très attendu, estime en effet Libération. Mais le président s’est limité à la constatation d’une crise d’identité sans apporter de remède nouveau contre les discriminations.»
«À l’entendre, poursuit le journal, la médication est déjà en place avec la politique Borloo et le reste est affaire de bonne volonté de chacun : les jeunes, les maires, les syndicats et les médias, invités à refléter la diversité de la France.»
Par ailleurs, le quotidien économique Les Echos, est revenu sur la mesure concernant le service civil volontaire estimant que c’est une idée qui va vers la bonne direction.  « Demander aux jeunes de consacrer quelques mois de leur vie au service de la collectivité devrait favoriser un certain brassage social et donner un début de réponse à cette question fondamentale : qu’est-ce que c’est d’être français aujourd’hui ?, » estime le quotidien.

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