Benkirane-Boussaid : Le clash !

Benkirane-Boussaid : Le clash !

Le chef de gouvernement recadre son ministre de l’économie et l’accuse d’agir unilatéralement sur le dossier des enseignants stagiaires

Le torchon brûle entre le chef de gouvernement et le ministre de l’économie et des finances. Dans un communiqué incendiaire, Abdelilah Benkirane recadre sévèrement l’argentier du Royaume au sujet de l’affaire des enseignants stagiaires. Durant le week-end, un courrier attribué à Mohamed Boussaid adressé aux présidents des groupes parlementaires des partis de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et le Parti authenticité et modernité (PAM) filtre dans la presse (voir illustration).

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Il faut dire que le ministre de l’économie a tout juste interagi avec une institution constitutionnelle. Boussaid a, en effet, répondu à une sollicitation de la part des conseillers parlementaires sur un point purement technique. La réaction de Benkirane est-elle disproportionnée?
Il faut craindre en tout cas un enlisement au sein de la majorité.
Dans ce document, le ministre explique que le recrutement des 10.000 enseignants stagiaires est possible et qu’il faut juste la publication d’un décret précisant les modalités de leur embauche.

Le chef de gouvernement le prend comme un désaveu puisque Benkirane affirmait jeudi en Conseil de gouvernement que le seul gouvernement travaillant à ses commandes était celui présent lors de la réunion et qu’il n’existait pas une autre offre ou médiation pour le recrutement des enseignants stagiaires, soit tout à fait le contraire du contenu de la lettre adressée par le ministre des finances aux partis du PAM et de l’USFP. Dès la filtration de la lettre, c’est une véritable crise qui se déclenche au sein de l’Exécutif.
Benkirane convoque une réunion du secrétariat général de son parti, le PJD. Quelques heures après, un communiqué signé par le chef de gouvernement est publié dans ce qui ressemble à un désaveu pour l’argentier du Royaume.

«Il n’a pas le droit»

Benkirane se dit très surpris par le contenu du courrier attribué à Boussaid. «Le chef de gouvernement tient à signaler sa grande surprise par rapport au contenu de la lettre, son timing et tient à préciser par la même occasion qu’il s’agit d’une initiative unilatérale sans coordination avec le chef de l’Exécutif, en contradiction avec la solution proposée par le gouvernement à ce dossier», lit-on dans le communiqué. «Le gouvernement a déjà tranché officiellement et définitivement cette affaire, aucun ministre n’a donc le droit de travailler en dehors de ce cadre», précise la même source. En effet, le gouvernement avait proposé aux représentants des stagiaires par le biais du wali de Rabat que toute la promotion actuelle sera recrutée sur concours et sur deux vagues : la première en juillet prochain et la deuxième en janvier 2017. Une proposition rejetée par les concernés qui ont choisi de poursuivre leur contestation.

L’affaire prend une autre tournure lorsque deux partis politiques de l’opposition ont décidé de lancer une médiation. Ilyas Omari, le secrétaire général du PAM et Driss Lachgar, premier secrétaire de l’USFP, proposent une solution médiane qui serait soutenue non seulement par l’opposition mais également par les formations de la majorité gouvernementale, notamment le Parti du progrès et du socialisme (PPS). Des contacts ont été dévoilés dans un communiqué conjoint entre le PAM et l’USFP sans démenti de la part du parti du livre. Benkirane serait-il également en colère contre son allié fidèle à la majorité ? Une chose est sûre en tout cas, des moments difficiles attendent le gouvernement. Si le chef de gouvernement est très en colère contre Boussaid, ce dernier pourrait bénéficier du soutien de son parti, le Rassemblement national des indépendants (RNI).
Dans un scénario-catastrophe, ce même parti qui avait rejoint la majorité en cours de route après le départ de l’Istiqlal, pourrait également décider de quitter le navire gouvernemental. A quelques mois des élections, cette éventualité pourrait avoir un sérieux impact sur le futur scrutin. Wait and see.

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