Berlusconi vers la porte de sortie

Les premiers sondages sortis des urnes publiés lundi après-midi dès la fermeture des bureaux à l’issue de deux journées de scrutin donnent une belle victoire à l’Unione, l’alliance des partis de gauche conduite par Romano Prodi, majoritaire dans les deux Chambres avec une fourchette de 50 à 54% des  suffrages exprimés, contre 45 à 49% pour la Maison des Libertés, la coalition  de droite dirigée par Silvio Berlusconi. Ces premiers sondages sortis des urnes ont "une marge d’erreur de +/- 2%", a expliqué à l’AFP Serafino Ruperto, porte-parole de l’institut Nexus.
"Le résultat est encore incertain. Attendons les chiffres précis", a affirmé le ministre de l’Industrie Claudio Scajola, haut dirigeant de Forza Italia, le parti de M. Berlusconi. Mais un autre responsable de Forza Italia, le sénateur Paolo Guzzanti,  était plus catégorique.
"Notre coalition a perdu les élections. On s’attendait  à quelque chose comme ça parce qu’on a perdu toutes les élections depuis 2001", a-t-il déclaré à l’AFP. Les premiers commentaires dans le camps de Romano Prodi restaient prudents dans l’attente d’une confirmation de cette victoire. "Bien sûr, nous sommes satisfaits. L’Italie attend cela depuis cinq ans et elle le mérite, mais il faut rester prudent, très prudent", a commenté un des responsables du parti de la Marguerite (centre gauche), Dario Franceschini.
"La période de Berlusconi s’achève et une nouvelle période politique  s’ouvre", a pour sa part commenté Maurizio Migliavacca, membre du parti des Démocrates de gauche (DS, ex-comunistes). Avec cette victoire, les vrais problèmes vont commencer pour "Il professore" Prodi, car il a pris la tête d’une coalition difficile, en  désaccord sur de nombreux points de son programme commun. "Il va lui falloir démontrer sa capacité de former un gouvernement efficace avec un haut profil européen", ont souligné lundi plusieurs politologues. "La qualité des ministres est la meilleure preuve que le centre gauche est en mesure de désigner des hommes capables de rassurer les marchés et de relancer l’économie nationale en l’extirpant du syndrome de la croissance  zéro", a expliqué Edmondo Berselli dans le journal Il Foglio dirigé par  Giuliano Ferrara, ancien porte-parole de Silvio Berlusconi.
L’ancien président de la Commission européenne Romano Prodi va devoir démontrer qu’il tient ses promesses de ne pas taxer les Italiens, mais  seulement les très hauts revenus. "Avec quels instruments seront financées les promesses ? Qui va payer pour la réduction du coût du travail ?", lui a demandé Stefano Folli dans le  quotidien économique Il Sole 24 Ore. Romano Prodi et ses alliés héritent d’une situation économique catastrophique, avec une croissance nulle, un déficit public représentant 3,8% de son PIB et une dette estimée à 108% de son PIB en 2006.
A droite, la défaite pourrait sonner l’heure des règlements de comptes. Silvio Berlusconi entend rester chef de l’opposition, mais il n’est pas dit que ses alliés vont accepter ce leadership. Selon les premières projections, Forza Italia reste le premier parti de la nouvelle opposition, mais n’a obtenu que 20 à 23% des suffrages contre 29,4% aux élections législatives de mai 2001. Gianfranco Fini, chef de l’Alliance Nationale, et Pierferdinando Casini,  qui a conduit la campagne des catholiques centristes de l’UDC, ont tous deux été écrasés par la campagne très personnalisée et très agressive de Silvio Berlusconi.             

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