Boujraf, première victime de Sarkozy

La contestation des sans-papiers en France s’intensifie après l’expulsion d’un jeune étudiant marocain. Une cinquantaine de sans-papiers ont investi vendredi 7 juillet le cabinet de l’avocat Arno Klarsfeld, nommé par le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, médiateur dans le dossier de la régularisation de la situation des parents sans papiers d’enfants scolarisés, rapporte l’AFP. Les manifestants, qui protestaient contre l’expulsion de Abdellah Boujraf, ont réitéré leur demande de régularisation de la situation de tout le monde et non "cas par cas". Des associations et élus de gauche, mobilisées pour cette cause, ont en outre lancé un "appel à la résistance". Abdellah Boujraf, âgé de 19 ans, est le premier jeune scolarisé expulsé depuis le 13 juin, date de parution de la circulaire Sarkozy. Le jeune étudiant est titulaire d’un CAP (certificat d’aptitude professionnelle) de peinture et poursuivait ses études dans un lycée parisien pour l’obtention d’un BEP (Brevet d’études professionnelles). Abdellah Boujraf a quitté son Maroc natal pour rejoindre son père au pays de Molière alors âgé de 14 ans. 
Son père s’y est installé depuis 26 ans avec une carte de résident. Selon la porte-parole de la préfecture de police de Paris, Marie Lajus, Abdallah Boujraf ne répond pas aux critères de régularisation de la circulaire Sarkozy à l’adresse des seules familles d’enfants scolarisés dépourvues de papiers. Soupçonné d’agression d’un SDF, il a été interpellé dans le Xe arrondissement de Paris, puis placé en garde à vue le 30 juin 2006. Ainsi, en raison de ces éléments, un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière (APRF), qui "a été validé par les magistrats", lui a été signifié peu après ces faits, selon elle. Il a été placé en l’attente au centre de rétention des étrangers (CRE) de Vincennes, près de Paris.
Tous les recours ayant été épuisés, la reconduite au Maroc a été effective et réalisée vendredi matin, a-t-elle précisé.
«Le ministre de l’Intérieur, empêché de pratiquer la chasse à l’enfant promise pour cet été, est tenté de se rattraper en mutipliant les expulsions de célibataires, y compris les jeunes majeurs scolarisés», a commenté vendredi dans un communiqué le Réseau Education Sans Frontière (RESF), rédigé avant la confirmation de l’expulsion. Il «ne troublait pas l’ordre public», a assuré de son côté Jean-Luc Mélenchon, sénateur socialiste de l’Essonne dans un communiqué. Abdallah Boujraf était «parfaitement intégré dans son établissement scolaire et parmi les jeunes de son quartier dans le XXe arrondissement de Paris», a-t-il ajouté. Selon la préfecture de police de Paris, Abdallah Boujraf est entré en France "sans visa". Il a sollicité un titre de séjour en mai 2005, alors âgé de 18 ans, qui lui a été refusé en octobre de la même année, précise la même source, rapporte l’AFP. Suite à cette expulsion, le Réseau Education Sans Frontières (RESF), a tenu une conférence de presse à la mairie du 20ème arrondissement de Paris, au cours de laquelle le réseau a déclaré qu’"Abdallah est probablement le premier d’une longue liste".

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