Chakir Achahbar : «Nous souhaitons aller vers une convergence politique»

Chakir Achahbar : «Nous souhaitons aller vers une convergence politique»

ALM : Est-ce que votre nouvelle charte politique vient en perspective des prochaines élections?
Chakir Achahbar : En réalité, il ne s’agit pas d’une charte qui touche notre coordination. C’est plutôt une charte de référence idéologique qui regroupe les valeurs et les principes que nous partageons en tant que partis politiques du centre.
Dans ce sens, les dispositions de cette charte sont destinées à guider les programmes politiques et les positions que nous allons prendre ensemble à des moments bien précis. Aujourd’hui, nous souhaitons au sein de l’alliance du centre aller vers une convergence politique. Chaque parti membre de notre alliance restera bien évidemment autonome et indépendant mais nous nous engageons tous à respecter les dispositions de notre charte.

Au lendemain de la publication des résultats des élections, des alliances politiques ont éclaté. Comment allez-vous garantir la pérennité de la vôtre?
Nous comptons garantir la pérennité de notre alliance justement par cette approche adoptée par nos trois formations politiques.
Avant la création de notre coalition, nos trois partis ont coordonné d’une manière informelle pendant une année. De plus, nous n’avons pas attendu les résultats du scrutin pour nous allier mais nous avons officialisé notre alliance bien avant les élections. Aujourd’hui, nous voulons approfondir cette coordination en définissant un cadre idéologique pour nos partis. L’identité du centre n’appartient ni à la gauche, ni à la droite, ni à l’islamisme.
Notre objectif est de défendre ce périmètre politique du centre. Nous voulons montrer que nous sommes indépendants et porteurs d’un projet de société propre à notre famille politique. A cet effet, notre alliance n’est pas conjoncturelle. Nous misons sur une construction politique à long terme.

Comment allez-vous renforcer votre coordination dans les prochaines échéances électorales afin de présenter des candidats communs?
Nous n’allons pas présenter des candidats communs pour la simple raison que la loi actuelle sur les partis politiques ne le facilite pas. Aujourd’hui, nous essayons de rétablir la notion des unions des partis telle qu’elle existait dans l’ancienne loi sur les partis politiques. Celle-ci offrait une marge de manœuvre plus importante et un cadre de travail uni. Certes, l’union des partis existe toujours dans le nouveau texte, mais elle a malheureusement été vidée de sa substance. Nous espérons qu’avec le nouveau gouvernement les choses seront améliorées. Pour les prochaines élections, nous savons que nos performances seront meilleures si nous travaillons ensemble. Les résultats seront à la hauteur des efforts que nous allons fournir ensemble mais je tiens à préciser que nous travaillons sur un projet à moyen et long termes.

Vous avez apporté votre soutien au gouvernement depuis sa création. S’agit-il d’un soutien inconditionnel de votre part?
Nous avons affiché dès le départ notre volonté de soutenir le gouvernement dans sa politique de réformes. Mais il ne s’agit aucunement d’un soutien inconditionnel. Je dirai plutôt que notre soutien à l’Exécutif reste conditionné par cette politique réformiste qui est seule capable d’apporter un réel changement dans notre pays. Dans ce sens, nous n’hésiterons pas à fournir les critiques constructives nécessaires en cas de besoin. Un soutien critique est d’ailleurs plus important pour le gouvernement de Benkirane qu’un soutien inconditionnel.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *