Charm el-Cheikh : La piste se précise

L’enquête sur les attentats de Charm el-Cheikh a pris une nouvelle direction, la police ayant désormais établi des liens avec les attaques sanglantes de Taba, aussi dans le Sinaï, en octobre 2004. Le mode opératoire, les cibles, la nature des explosifs, le moment choisi des attentats et un suspect nourrissent cette piste, à envisager avec prudence, qui pourrait conduire à un même groupe d’islamistes non identifié.
Près de 600 kilos d’explosifs, d’un genre toujours non précisé, ont été utilisés dans les trois attentats perpétrés à Charm el-Cheikh. Le bilan officiel est, jusqu’à présent, de 64 personnes tuées, dont 17 étrangers.
34 personnes avaient péri dans les attentats de Taba et Noueiba, deux stations balnéaires sur la Mer Rouge, tout près d’Israël.
La responsabilité claire de ces attaques spectaculaires n’est toujours pas établie et le procès de trois auteurs présumés a été ajourné dimanche après la deuxième audience.
Selon cette source sécuritaire, plusieurs autres indices "montrent que la stratégie suivie à Charm el-Cheikh est conforme à celle utilisée à Taba, qu’il s’agisse du moment des explosions ou des lieux choisis pour exécuter les opérations".  Dans les deux cas, des explosions se sont succédé à quelques minutes d’intervalle sur plusieurs sites touristiques, dont des voitures piégées fonçant dans des hôtels.
Les stations balnéaires ont été frappées lors des deux fêtes nationales égyptiennes : pour Charm el-Cheikh, l’anniversaire de la révolution du 23 juillet 1952 et pour Taba le 7 octobre, lors des célébrations du déclenchement, le 6 octobre 1973, de la dernière guerre avec Israël, dite du Kippour.
"Deux fourgonnettes ont été utilisées dans les explosions à l’hôtel Ghazala Gardens et dans le souk de la vieille ville de Charm el-Cheikh. Leurs numéros de châssis ont été effacés et il s’agit probablement de véhicules volés provenant du nord du Sinaï", a indiqué la source sécuritaire.
Par ailleurs, la police recherchait mercredi au moins 15 personnes, Egyptiens et membres des tribus bédouines du Sinaï dont elle a compilé la liste de noms et qu’elle estime avoir joué un rôle dans les attentats du week-end dernier qui ont fait 88 morts.
Les fouilles se poursuivaient sur de vastes secteurs désertiques et montagneux dans la région de Charm el-Cheikh et dans le centre de la péninsule du Sinaï.
On ne fournissait que peu d’informations sur les personnes figurant sur cette liste, qui seraient recherchées pour avoir mené, organisé ou préparé les attentats. Mais la plupart seraient en fuite, et auraient des liens avec les attentats d’octobre dernier, à Taba et Ras Shitan, dans le nord du Sinaï, qui avaient fait 34 morts, dont de nombreux israéliens.
Le principal suspect identifié, soupçonné d’être le kamikaze auteur de l’attentat contre l’hôtel Ghazala, Moussa Badran, habitait à Sheikh Zawaïd, non loin d’el-Arish, dans le nord-Sinaï.

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