Chirac interpellé

Chirac interpellé

Ce n’est pas une débâcle, c’est une bérézina. La droite française, rassemblée sous la bannière de l’UMP au pouvoir, a été emportée par la déferlante rose du Parti Socialiste (PS) au second tour des régionales qui ont eu lieu dimanche 28 mars. Jean-Pierre Raffarin qui s’est érigé en défenseur de “la France d’en bas“ est tombé de haut. Les électeurs ont amplifié leur vote-sanction de son gouvernement. Résultat de ce désamour : la gauche parlementaire a enlevé 21 régions sur 22 que compte l’Hexagone. Une victoire historique au-delà des espérances des amis de François Hollande.
Symbole de la déroute de la droite, le fief du Premier ministre en Poitou-Charentes bascule à gauche en faveur de Ségolène Royal. Valéry Giscard d’Estaing perd son bastion de l’Auvergne qu’il contrôle depuis 1986. Quant à la région Ile-De-France, il reste dans le giron de la gauche avec le président sortant Jean-Paul Huchon qui met fin aux ambitions du porte-parole du gouvernement Jean-François Copé.
Le visage fermé, le ton désabusé, Jean-Pierre Raffarin a commenté les résultats avec l’accent d’un partant. Avant lui, le président de l’UMP Alain Juppé a conclu à une défaite sévère de la droite dont il faut à ses yeux tirer les enseignements qui s’imposent.
Désormais, tous les regards sont tournés vers le président de la République Jacques Chirac. La déroute de la droite c’est d’abord la sienne, tel est l’avis des observateurs de la scène politique française. La balle est désormais dans le camp élyséen. Va-t-il prendre le parti d’un changement de gouvernement qui inclurait le départ du Jean-Pierre Raffarin ou va-t-il encore le garder pour lui faire faire une nouvelle politique sociale plus sécurisante pour les Français ? « Le président de la République travaille avec le Premier ministre aux décisions qu’il sera amené à prendre dans les tous prochains jours », a expliqué le service de presse de la présidence dans un communiqué rendu public au lendemain de la débâcle.
Une chose est sûre : les réformes menées jusqu’ici par l’exécutif actuel, axées notamment sur le démantèlement des corporatismes, ont conduit à l’impopularité de M. Raffarin. On ne gouverne pas contre l’opinion. Tel est le message adressé par les électeurs au premier et second tour des régionales.
En tout cas, le rêve du chef de l’État de fédérer la droite parlementaire dans un ensemble uni et cohérent se transforme en cauchemar politique. Aujourd’hui, l’UMP (Union pour un mouvement populaire) a montré ses limites. Les rivalités personnelles et les dissensions internes ont ajouté à la crise. Une crise identitaire d’un groupement déchiré, sérieusement gêné par l’avancée de l’extrême droite et le retour en force de la gauche. La droite est appelée à une véritable remise en cause pour exister autrement. Si des élections législatives anticipées sont aujourd’hui provoquées, sûr que la gauche reprendra le pouvoir.

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