Chronologie d une libération contestée

Chronologie d une libération contestée

Tout commence mercredi lorsque l’avocat des victimes, Mohammed Krayri, alerte la presse, pour exprimer son indignation suite à la libération de l’homme responsable du viol de 11 mineurs marocains, Daniel Galvan. Interrogé sur les raisons de cette libération, celui-ci ne s’avance pour autant à faire le rapprochement avec la grâce royale accordée le même jour à 48 détenus espagnols.

Car à l’heure où l’homme sortait de prison, personne n’était en mesure de dire si oui ou non, celui-ci figurait sur la liste des 48 détenus graciés. Concours de circonstance ou acte délibéré ? Pas moyen de le savoir tant que les autorités marocaines et espagnoles ne s’étaient pas prononcées sur la question.

Seuls éléments dont on dispose alors, la confirmation avérée de la libération de Daniel Galvan par son avocat et celui de la partie adverse, ainsi que le communiqué de presse du Palais Royal datant de mardi soir annonçant  que Sa Majesté le roi Mohammed VI avait «  ordonné la libération de 48 prisonniers espagnols condamnés pour différents tribunaux marocains, en réponse à une demande formulée dans ce sens par le Roi Juan Carlos Ier d’Espagne, lors de sa récente visite dans le royaume. »

L’affaire enflamme la toile

L’affaire fait le tour du web et à la vitesse grand V enflamme les réseaux sociaux.  En l’espace de quelques heures, la libération du pédophile enfle et se transforme  en polémique. Un appel à manifester est lancé sur Facebook, pour manifester vendredi 2 août à 22h, devant le parlement à Rabat.

Sur la toile, les réactions se font virulentes. Si tout le monde s’accorde à dénoncer la libération d’un pédophile, chose impardonnable, les avis divergent quand il s’agit de désigner le responsable.

Najat Anouar, présidente de « Touche pas à mon enfant » et l’une des premières personnes contactées par la presse, ne s’avance pas non plus. Interrogée sur le fonctionnement de la grâce royale, celle-ci estime que « la grâce est un droit exclusif au roi » tout en précisant que son association « continuera à militer pour que les procédures juridiques soient bien appliquées ».

 Premiers éléments de réponse

Hier après-midi, Mustapha Ramid accepte alors de sortir de son silence. Se refusant d’abord à tout commentaire, celui-ci confirme ensuite à l’AFP qu’il n’était « pas habilité à commenter » la situation avant d’ajouter que « l’administration a pour mission d’exécuter. » Questionné par téléphone au sujet du devenir dudit Daniel K., le ministre de la justice et des libertés précise alors que « cet individu fera l’objet d’une extradition, et sera interdit d’entrée au Maroc. »

Interrogé à son tour au sortir du conseil du gouvernement, hier après-midi, Mustapha El Khalfi, porte-parole du gouvernement, déclare quant à lui ne pas savoir si l’espagnol faisait partie de la liste des détenus avant d’ajouter que celui-ci serait « éloigné » du territoire marocain.

 Du côté de l’Espagne, on se rejette la faute

Interrogé par le site arabophone Alif poste au sujet de sa responsabilité dans l’élaboration de la fameuse liste de détenus, le palais royal espagnol répond que « le roi Juan Carlos a sollicité la grâce pour un groupe d’Espagnols détenus au Maroc. Nous ne pouvons fournir plus de précisions car c’est à l’ambassade d’Espagne de Rabat qu’incombe la tâche de fixer la liste des bénéficiaires ».

A son tour interrogée, ladite ambassade rétorque que « cette question relève de la compétence du ministère des Affaires étrangères à Madrid ».

L’agence espagnole Europa Press cite à son tour des sources au sein du ministère des affaires étrangères à Madrid qui indiqueraient que les autorités marocaines seraient responsables de l’élaboration de la liste et que l’Espagne n’aurait rien proposé.

 Où en est l’affaire ?

 Pour le moment, l’affaire piétine et l’on ne sait toujours pas à qui incombe la responsabilité directe de cette libération, A l’heure actuelle, tous les regards au Maroc se tournent vers le Palais Royal, dans l’attente d’éléments de réponse et d’un communiqué qui fera la lumière sur cette affaire.

De son côté, Mohammed Benjeddou, l’avocat de Daniel Galvan a indiqué à la presse que son client aurait bel et bien été libéré, qu’il aurait pu récupérer son passeport auprès de la cour d’appel de Kenitra et qu’il aurait quitté le territoire après que ces biens à Kenitra aient été mis sous scellé.

D’après le site arabophone Goud, une enquête en haut lieu aurait été diligentée pour établir la vérité et enquêter sur les raisons de cette libération.

Comment l’Espagne va-t-elle gérer le cas Daniel Galvan ?

Le fait est que Daniel Galvan Fina est aujourd’hui en liberté, qu’il a quitté le Maroc, pour retourner chez lui, en Espagne. C’est un fait et à l’heure actuelle, nous ne pouvons pas y faire grand-chose. Mais la question qui n’a pas encore été posée, est « qu’est-ce que l’Espagne compte faire d’un homme jugé pour pédophilie? ». Nombreux sont les pays occidentaux à demander l’extradition d’un détenu vers son pays d’origine pour qu’il y purge sa peine, et il serait donc aberrant que l’Espagne ne tienne pas compte du jugement émis au Maroc contre cet homme. Car un pédophile reste un pédophile, peut importe l’endroit où il vit. Alors si cette affaire suscite la polémique chez nous, elle mériterait aussi de faire scandale en Espagne. Car il va falloir que les autorités espagnoles justifient leur demande de libération d’un pédophile et son retour, en homme libre, sur le sol espagnol.

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