Clinton voulait envoyer des troupes en Afghanistan

«Ma Vie», publié mardi, est aussi l’occasion pour Clinton de raconter que la Centrale américaine du renseignement (CIA) avait reçu des informations selon lesquelles Al-Qaïda planifiait de l’assassiner lors d’un voyage prévu en 2000 au Pakistan et au Bengladesh.
Contre l’avis des agents du Secret Service, il était quand même parti en tournée dans ces pays. Clinton dit avoir en outre averti son successeur à la Maison Blanche, George W. Bush de la menace représentée par le réseau d’Oussama ben Laden et de « sa plus grande déception » de n’avoir réussi à neutraliser ce dernier. Ces propos ont déjà été largement répercutés dans les médias américains au cours des derniers jours, alimentant les critiques à l’égard de Bush sur sa disposition à lutter contre le terrorisme avant le 11 septembre 2001. Clinton affirme s’être intéressé à Ben Laden peu après son arrivée au pouvoir en janvier 1993. Dans la foulée des attentats de 1998 contre les ambassades américaines de Tanzanie et du Kenya, « je me suis concentré sur sa capture ou sa liquidation et sur la destruction d’Al-Qaïda ».
Le livre raconte que Clinton avait souhaité envoyer des troupes pour capturer Ben Laden à au moins deux occasions avant que les forces américaines ne se lancent à sa poursuite en 2001, peu après les attentats contre le World Trade Center à New York et le Pentagone, près de Washington. A l’époque, les forces américaines avaient riposté aux attentats en Afrique en bombardant des camps d’entrainement d’Al-Qaïda en Afghanistan et une usine chimique au Soudan. Mais Clinton insiste sur le fait qu’il souhaitait aller plus loin dans cette riposte. Il raconte donc avoir demandé au général Hugh Shelton, alors chef d’état-major interarmées et au responsable de la lutte antiterroriste Richard Clarke de « développer quelques options pour lâcher des commandos en Afghanistan ».
Mais, ajoute-t-il, « il était clair que les responsables de l’armée ne voulait pas le faire », peut-être du fait de l’opération menée en 1993 en Somalie qui avait fait 18 tués parmi des soldats américains. Clinton se rappelle avoir « maintenu l’option vivace ». Elle a d’ailleurs été à nouveau exhumée après l’attentat contre l’USS Cole en 2000 près des côtes du Yémen, pour finalement être annulée en raison de l’inconnue concernant la position de Ben Laden.
Clinton a par ailleurs autorisé la CIA à utiliser « une force mortelle » contre Ben Laden ou ses acolytes et à mener des opérations coups de poings destinés à neutraliser les responsables du réseau terroriste.
L’ancien président décrit également comment son administration s’est efforcée de contourner discrètement le Pakistan, dont les services de renseignement entretenaient des liens avec Al-Qaïda et le régime taliban en Afghanistan.
Les responsables américains n’ont pas souhaité prévenir le Pakistan de l’attaque au missile perpétrée par l’armée américaine en Afghanistan contre une base d’Al-Qaïda, par crainte que des membres du réseau en soit informé à l’avance.
L’incident diplomatique avait finalement été évité en organisant un dîner avec le commandant des forces militaires pakistanaises, afin de l’informer de l’opération américaine quelques minutes avant son déroulement.

• Peter Mackler (AFP)

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