Conflit au Sahara : Consensus national autour de la position constante du Maroc

Conflit au Sahara : Consensus national autour de la position constante du Maroc

Le Maroc rejette catégoriquement les tentatives d’extension de la mission de la Minurso aux droits de l’Homme «tendant à dénaturer le mandat de cet organisme». C’est la position ferme exprimée lundi à l’unanimité lors de la réunion au Cabinet royal des conseillers du Souverain, du chef de gouvernement, des leaders des partis politiques, ainsi que de plusieurs membres du gouvernement. Consacrée aux «derniers développements concernant la question nationale au sein des Nations Unies», cette réunion a été l’occasion de réitérer le consensus national autour de la position constante du Royaume du Maroc. Ainsi le rejet de ces initiatives est catégorique. La raison en est «la partialité de ce type de démarche unilatérale et sans consultation préalable, en termes de contenu, de contexte et de procédé», indique le communiqué du Cabinet royal. Dans ce sens, le communiqué dénonce «une instrumentalisation méthodique de la question des droits de l’Homme par les autres parties au différend», et ce depuis la présentation, en avril 2007 par le Maroc de l’initiative pour la négociation d’un statut d’autonomie pour la région du Sahara.  «Une instrumentalisation pour tenter de dévier le processus de négociation et de s’en servir comme prétexte pour ne pas s’engager résolument et de bonne foi dans la recherche d’une solution politique», précise le communiqué. Ainsi de telles initiatives sont sans fondement, dans la mesure où les efforts du Royaume en faveur de la promotion des droits de l’Homme sur l’ensemble du territoire national -y compris dans les provinces du Sud- sont salués par la communauté internationale et par de nombreux partenaires internationaux. On note à ce titre le renforcement de l’indépendance des mécanismes nationaux des droits de l’Homme et l’élargissement de l’ouverture du Maroc sur les procédures spéciales des Nations Unies, répondant ainsi aux attentes de la communauté internationale et, plus particulièrement, du Conseil de sécurité.
C’est ainsi que le Maroc, fort du consensus de l’ensemble des composantes de la Nation autour de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale, «demeure confiant en la sagesse des membres du Conseil de Sécurité et en leur capacité à trouver les formules appropriées pour préserver le processus politique de toutes dérives aux conséquences lourdes et néfastes pour la stabilité de la région», souligne le communiqué du Cabinet royal.
Pour leur part, les participants à la réunion ont exprimé leur préoccupation quant aux conséquences d’une telle approche sur le processus de négociation en cours. Pour Mustapha El Khalfi, ministre de la communication, porte-parole du gouvernement, cette démarche constitue «un danger pour notre cause nationale» et «une atteinte injustifiée» à la souveraineté du Maroc, estimant qu’une telle démarche n’est qu’une «récompense politique pour les autres parties n’ayant pas répondu favorablement aux résolutions du Conseil de sécurité». Pour sa part, Hamid Chabat, SG de l’Istiqlal, a affirmé que le Maroc qui a «opéré des changements dans la stabilité» et qui adhère aux efforts internationaux visant à lutter contre le terrorisme, le trafic de drogue et l’immigration illégale ne doit pas être récompensé en retour par «des tentatives attentatoires à son unité territoriale». Selon Nabil Benabdallah, secrétaire général du PPS, dénaturer le mandat de la Minurso ne peut qu’engendrer des «développements dangereux» de la question du Sahara outre «des dérapages d’une grande ampleur» à un moment où plusieurs parties appellent à trouver d’urgence une solution à ce conflit artificiel eu égard aux menaces de terrorisme et tout autre sorte de trafic dans la région.
Notons que la réaction du Maroc intervient suite à la volonté des Etats-Unis de présenter avant la fin du mois un projet de résolution aux 15 pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU pour étendre le mandat de la mission des Nations Unies au Sahara occidental (Minurso) aux droits de l’Homme. Ceci alors que l’actuel mandat de la Minurso, chargée de surveiller le cessez-le-feu, s’achève à la fin du mois. Le 22 avril, l’envoyé spécial de Ban Ki-moon, Christopher Ross, doit présenter un rapport au Conseil de sécurité, au terme d’une nouvelle mission dans la région.

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