Criquets : La Mauritanie durement touchée

En Mauritanie, pays le plus touché par l’invasion acridienne, « la situation est toujours préoccupante et grave (…) », a déclaré en fin de semaine à l’AFP le ministre mauritanien du développement rural et de l’environnement, Ahmédou Ould Ahmédou. Selon les autorités, les dégâts concernent près de 50% des cultures, des oasis, des forêts et des pâturages. Dans les autres pays de la région, où l’invasion est survenue en début de saison des pluies et alors que les espoirs de récolte s’amenuisent, la situation est jugée « critique voire préoccupante » comme au Mali, dans les régions de Ségou, Mopti (centre), Tombouctou et Gao (nord).
Dans ce même pays, la bande sahélienne allant de la région de Kayes à celle de Koulikoro, frontalière de la Mauritanie, connaît une certaine accalmie, de même que la région de Kidal, selon le ministère malien de l’Agriculture. Au Niger, tout le Nord à vocation pastorale est sinistré, selon les autorités. Avec le dessèchement de la végétation dans ces zones, les essaims à la recherche de verdure « sont arrivés massivement dans les zones agricoles où d’importants dégâts ont été enregistrés sur les céréales en période de maturité », selon la Direction de la protection des végétaux.
Au Sénégal, la situation s’est « compliquée » depuis une semaine avec l’arrivée, en provenance de Mauritanie, d’essaims roses, « de jeunes adultes » qui ont envahi les parties nord du pays, selon la Direction de la protection des végétaux (DPV). « Le criquet pèlerin n’a atteint qu’une partie de la région de Fatick et n’est pas encore dans les régions de Kaolack, Ziguinchor, Kolda (sud) et Tamba (Est). 80% de la production agricole du Sénégal provient de ces zones », a déclaré à l’AFP, Mbargou Lô, un technicien de la DPV. En Guinée-Bissau, aucune menace n’est signalée mais selon un bulletin d’information de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), ce pays « pourrait être affecté par l’invasion de la deuxième génération de criquets en octobre ». La Gambie n’a pour l’instant pas été envahie. Elle a mis en place quinze équipes de lutte à ses frontières avec le Sénégal. Plus au nord, la Tunisie avait été partiellement touchée au Sud et à l’Ouest par les criquets, mais de moyens énergiques ont été déployés, telle la pulvérisation de pesticides par des appareils de l’armée de l’air.
Depuis plusieurs semaines, aucune nouvelle invasion n’a été signalée dans le pays, selon les autorités. En Algérie, la menace acridienne a été contenue par le traitement de quelque 2,4 millions d’hectares, selon le ministère algérien de l’Agriculture. Mais le risque persiste à l’approche de l’automne, selon le ministère. L’Algérie a mobilisé d’importants moyens pour endiguer la menace acridienne et faire face aux éventuelles invasions prévues au printemps 2005. « Ce dispositif d’intervention permettra le traitement de 700.000 hectares au cours de la phase automnale et de 3,8 millions d’hectares au cours de la phase printanière de 2005 », a t-on indiqué de source officielle.
Au Maroc, la production céréalière 2003-2004 est sortie indemne de l’invasion acridienne, en s’établissant à 83 millions de quintaux, soit une hausse de 6,9% par rapport à la récolte précédente. Le Maroc pense surtout à préserver la saison agricole 2004-2005 pour laquelle un dispositif de lutte mobilisant un millier de personnes et des dizaines d’aéronefs est annoncé par les autorités.

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