De l’émergence à l’accélération : L’industrie marocaine se réinvente et retrouve ses lettres de noblesse

De l’émergence à l’accélération : L’industrie marocaine se réinvente et retrouve ses lettres de noblesse

Le Maroc figure désormais sur les radars des investisseurs mondiaux dans les secteurs de pointes comme l’automobile, l’aéronautique, l’offshoring, l’électronique comme étant une plateforme industrielle compétitive.

Améliorer les performances industrielles, renforcer la production locale pour consolider la compétitivité de l’économie marocaine… Ce sont en gros les principaux objectifs que s’est assignés le Maroc  sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. L’industrie est l’un des secteurs qui s’est vu doter d’une feuille de route ambitieuse faisant du Maroc une destination attractive sur ce plan. La genèse date de 2009, année durant laquelle a été lancé le Pacte d’émergence industrielle, une vision ayant posé les jalons d’une industrie moderne, productive et compétitive.

Le Pacte Emergence : Un premier pas vers l’excellence

Cette première stratégie industrielle s’articule autour des secteurs à forte valeur ajoutée avec un focus sur les métiers mondiaux du Maroc.  Après trois ans de son déploiement, le Pacte a réussi à drainer près de 8 milliards de dirhams d’investissements directs étrangers et à améliorer considérablement le PIB industriel lequel a augmenté de 28,4 milliards de dirhams entre 2009-2012. L’impact sur l’emploi a également été significatif du fait que cette vision a permis de créer 100.000 postes dans les métiers mondiaux du Maroc, en l’occurrence l’automobile, l’aéronautique, l’électronique, l’offshoring, le textile et l’agroalimentaire. Les exportations du secteur se sont nettement améliorées progressant sur la même période de 22%. Le Pacte Emergence avait pour pilier également la création de zones industrielles intégrées. Ces plates-formes ouvertes aux capitaux étrangers sont un véritable bassin d’emploi de proximité. Pour capitaliser sur ces acquis et conforter l’ambition du Maroc à assurer une montée en valeur de l’industrie nationale, il a été procédé à la mise en place d’une nouvelle vision dans le secteur.

Le Plan d’accélération industrielle : Pour une industrie intégrée

L’industrie marocaine a entamé un nouveau chapitre ces 5 dernières années. Un nouveau dispositif est mis sur les rails axé autour d’écosystèmes performants pour une industrie intégrée. L’accélération industrielle a été amorcée depuis avril 2014 insufflant un nouvel élan dans ce paysage productif. L’enjeu est d’exploiter au mieux le potentiel industriel du Maroc et consolider les fondements existants. L’esprit de cette vision s’appuie sur trois acquis, à savoir la stabilité du Maroc, son attractivité et ses infrastructures développées. Le plan d’accélération industrielle a pour objectif d’améliorer la capacité d’absorption des nouveaux actifs, d’accroître la part de l’industrie dans le PIB, de dynamiser la capacité d’exportation sur les plans quantitatif et qualitatif, d’améliorer les capacités d’accueil des investisseurs et de développer la productivité par un appui ciblé au tissu industriel

La performance tirée par les écosystèmes

La mise en place d’écosystèmes industriels a pour vocation d’inscrire l’industrie marocaine dans un cercle vertueux tant  en termes de rentabilité que d’employabilité. Cette démarche permettra à terme d’optimiser les retombées sociales et économiques de la commande publique à travers la compensation industrielle ainsi que de démultiplier l’investissement et d’améliorer la balance des paiements. Autre problématique à laquelle viennent répondre ces écosystèmes est l’assainissement des branches d’activités industrielles, et ce à travers un dispositif complet d’intégration de la Très petite entreprise mettant ainsi fin à l’informel qui sévit dans le secteur. Le Plan d’accélération industrielle préconise également un dispositif de soutien adapté au tissu industriel. C’est dans ce sens qu’un fonds d’investissement industriel public (le Fonds de développement industriel – FDI)  a été doté d’une enveloppe de 20 milliards de dirhams, permettant au tissu industriel de se consolider et de développer sa capacité de substitution aux produits importés. De même, 1.000 hectares de fonciers industriels  sont mobilisés dans le cadre de cette stratégie pour la mise en place de parcs industriels locatifs avec des locaux clés en main, complétant ainsi l’offre existante en zones industrielles et en plates-formes industrielles intégrées.

D’importantes avancées enregistrées

Le positionnement du secteur industriel en tant que levier de création d’emplois et d’insertion professionnelle des jeunes  se confirme. A la veille de sa date d’échéance, le Plan d’accélération industrielle remplit pleinement ses objectifs d’employabilité. Selon les dernières statistiques dévoilées par la tutelle, l’objectif fixé a été réalisé à hauteur de 81%.

La stratégie industrielle aurait créé 405.496 nouveaux emplois entre 2014-2018. Les évolutions annuelles se déclinent comme suit : 64.303 nouveaux postes en 2014, 58.962 en 2015, 80.138 en 2016, 108.039 en 2017 et 94.054 en 2018.

Ainsi, les entreprises créées depuis 2014 représentent plus de 20% des créations d’emplois sur la période 2014-2018. L’automobile arrive en tête des secteurs ayant connu cette effervescence de créations. 116.611 nouveaux postes ont été créés dans le secteur entre 2014-2018, détenant ainsi une part de 28,8% du total des créations d’emploi dans le cadre du Plan d’accélération industrielle. Le textile arrive en deuxième position dotant l’industrie de 79.300 nouveaux emplois sur la même période. Les exportations industrielles sont passées, pour leur part,  de 161 milliards DH en 2013 à 240 milliards DH en 2018, soit une hausse de 50% en cinq ans.

Un saut considérable a été observé au niveau de l’automobile dont les exportations ont culminé à 65,1 milliards DH en 2018 contre 7,2 milliards DH en 2013. Le même trend a été observé au niveau de l’aéronautique dont les ventes à l’export ont doublé en cinq ans pour atteindre les 13,9 milliards DH en 2018 contre 6,9 milliards DH en 2013.

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