Déjà traumatisés par le drame de Mina: Une centaine de pèlerins marocains livrés à leur sort dans les rues de La Mecque

Déjà traumatisés par le drame de Mina: Une centaine de pèlerins marocains livrés à leur sort dans les rues de La Mecque

Mais c’est évidemment la bousculade de Mina du jeudi 24 septembre qui aura été la plus meurtrière. A l’heure où nous mettions sous presse, lundi 28 septembre en milieu d’après-midi, un nouveau communiqué du ministère des affaires étrangères faisait état de 5 victimes et 8 blessés parmi les pèlerins marocains. Le bilan s’alourdira probablement dans les jours qui viennent du moment que de nombreuses personnes sont encore portées disparues. Le ministère parle pour l’instant de 34 pèlerins dont 15 femmes et 19 hommes.

Mais comme un malheur n’arrive jamais seul, il y en a parmi ces pèlerins qui, en plus du traumatisme que peut causer la perte d’un proche, ont dû vivre par la suite des moments des plus difficiles qu’ils ne sont pas près d’oublier. Aujourd’hui Le Maroc a pu joindre l’un d’entre eux, Samira El Arkam, qui se trouve encore à La Mecque. Pour commencer, Samira a perdu son mari dans l’incident de Mina. Elle raconte: «Nous avons vu des atrocités à Mina. Aucun mot ne suffirait pour décrire le drame qu’on a vécu. Nous étions trois et nous ne revenons que deux. Je rentrerai vendredi au Maroc sans aucune nouvelle de mon mari dont le nom ne figure ni sur la liste des morts ni sur celle des blessés».

Affaiblie par ce qu’elle vient de vivre, Mme El Arkam était accompagnée de sa sœur et de son défunt mari. «Toutes les actions de recherche ont été menées du Maroc car les autorités saoudiennes se chargent à elles seules de l’identification des corps. Même la délégation marocaine n’a pas un accès direct aux équipes chargées de l’enquête», ajoute l’épouse. Constat partagé par un autre Marocain blessé lors de l’incident. «Nous essayons de combattre et survivre malgré l’amertume que nous vivons. Je suis traumatisé par ce que j’ai vécu», nous dévoile le pèlerin qui au moment du drame a vu mourir un autre Haj qui l’accompagnait. «Nous étions ensemble quand la bousculade s’est produite.

Je l’ai vu mourir de mes propres yeux. Après avoir été transporté pour mes soins, je ne sais plus ce qu’il est advenu de son corps», explique à ALM le pèlerin, qui suite au choc qu’il a subi préfère garder l’anonymat. Mais les mésaventures de ces pèlerins ne s’arrêteront pas là. Loin s’en faut. Faisant partie d’un même groupe de 109 personnes venues accomplir le hajj avec une agence de voyages casablancaise, les lendemains de Mina vont être encore plus cauchemardesques. C’est que depuis dimanche 27 septembre, le groupe est livré à son sort. Alors qu’ils devaient quitter pour Médine ce jour-là, leur voyage a été reporté de 24 heures.

Du coup, ils se voient expulsés de l’hôtel et se retrouvent à la rue pendant plus de 24 heures sans assistance. Témoignant par téléphone à ALM, les pèlerins, ayant payé en moyenne 70.000 DH par personne, indiquent qu’ils sont restés dans la rue, sans accompagnateurs. Même l’agence au Maroc est restée injoignable.

Aujourd’hui Le Maroc a tenté pour sa part de contacter Médine voyages. Mais visiblement l’agence a suspendu tous ses numéros. Et entre-temps, une centaine de ses clients se retrouvent en rade à La Mecque…

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