Des enquêtes diligentées contre les salafistes

Les détenus salafistes de la prison de Kénitra dénoncent l’ouverture d’enquêtes, par la police judiciaire, contre plusieurs prisonniers en relation avec la dernière fête d’Al Fitr. Un communiqué émis par ce groupe, qui se prénomme "prisonniers de la foi et d’opinion", affirme que plusieurs personnes avaient été entendues par des éléments de la police judiciaire le 19 décembre 2006 avec, comme accusation, la rupture du jeûne lors du dernier Ramadan. Pour les détenus salafistes et leurs chioukhs, il s’agit de nouvelles tentatives des autorités pour «détourner l’attention des revendications soutenues par l’opinion publique et les ONG». A les en croire, ce serait l’attitude adoptée à l’approche de chaque fête religieuse.
Selon des sources policières, les enquêtes qui ont été initiées par la police judiciaire n’ont rien d’illégal puisqu’elles sont supervisées par le Parquet et se basent sur des éléments d’information recueillis auprès de l’Administration pénitentiaire. Pour cette source, la justice a le droit “d’ouvrir des poursuites” et que l’on ne peut pas parler, dans ce cas de figure, de prescription.
Selon des sources informées, plus de 70 détenus salafistes de Kénitra avaient décidé de célébrer la dernière fête d’Al Fitr un jour avant le commun des Marocains et ils ne se sont pas cachés pour le faire.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que les détenus salafistes, et notamment ceux de Kénitra, initient cette autre forme du bras de fer engagé avec les autorités. En 2005, 77 détenus avaient célébré la même fête marquant la fin du Ramadan le 3 au lieu du 4 novembre. Une dizaine de détenus salafistes avaient agi de la même manière à la prison casablancaise "Aïn Borja", mais sans qu’aucune suite judiciaire ne soit donnée à cette affaire.
La loi marocaine est stricte quant à l’observation du rite malékite prôné par le pays et qui réprime ce genre d’attitude. Anticiper la fête d’Al Fitr est synonyme à une rupture publique du jeûne.
Selon le ministère de l’Intérieur, dans une sorte de bilan établi à la fin novembre 2006,
la majorité des anciens détenus islamistes ne rompent pas avec l’idéologie de la haine et les desseins terroristes. Le ministère en donne, pour exemple, des plus flagrants, le démantèlement, fin juillet-début août 2006, de "Jamaât Ansar Al Mahdi", réseau dirigé par Hassan Khattab, qui venait de purger une peine de prison de deux ans pour terrorisme. D’autres exemples vont également dans ce sens et cela aurait poussé les autorités publiques à revoir le système des grâces qui avait bénéficié à plusieurs centaines de détenus salafistes. D’ailleurs, les mesures de grâce ont été "suspendues" après le démantèlement du groupe de Hassan Khattab. Des centaines de salafistes jihadistes avaient bénéficié de ce système à maintes occasions, y compris pour des détenus condamnés à des très lourdes peines de prison.

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