Des « néo-socialistes » aux portes de l’USFP

Un courant à l’USFP ? La chose a été présentée, à maintes reprises, comme étant une sorte de "blague" par l’entourage de Mohamed Elyazghi et par plusieurs membres de son bureau politique. Ce courant existe bel et bien, il porte un nom et compte des figures de proue de plusieurs instances de l’USFP (hors le bureau politique). Il s’est même doté d’une plate-forme en phase de finalisation. Selon l’un de ses membres, ce courant, baptisé "les néo-socialistes", remporte déjà l’adhésion de dizaines de militants USFP et notamment au sein du bureau national de la Chabiba Ittihdiya et du conseil national.
Dans un projet de plate-forme, d’une quinzaine de pages, les initiateurs de ce courant affirment que leur initiative ne vise nullement à affaiblir le parti de Bouabid et Youssoufi, mais de contribuer au débat sur l’identité, la place et l’avenir de l’USFP. Quitte à changer le nom de ce parti comme cela avait déjà été le cas en 1972, lit-on dans cette plate-forme.
Les "néo-socialistes" appellent à la clarification idéologique au sein de l’USFP pour mettre fin à la confusion des genres qui a fini par faire se cohabiter, en même temps, plusieurs visions : le socialisme scientifique, le nationalisme arabe et même des adeptes d’une troisième voie. La nouvelle référence socialiste que ce courant dit vouloir défendre est inspirée aussi bien de l’internationale socialiste, l’alter-mondialisme que des efforts de pensées qui essaient de transcender une vision dépassée et réductrice du socialisme. «En appelant à embrasser ces horizons universalistes car nous estimons que ni l’intégrisme, avec ses substrats identitaires et nationalistes, ni le libéralisme sauvage ne sont une fatalité», lit-on dans le projet de la plate-forme des "néo-socialistes".
Ce faisant, les "néo-socialistes" appellent aussi l’USFP à une réconciliation générale avec ceux parmi ses fondateurs qui s’en sont éloignés ainsi qu’avec ceux qui l’ont désertée pour une raison ou une autre. Ils appellent surtout à une réconciliation avec les autres courants de la gauche marocaine et les milieux syndicaux et culturels qui, à un moment ou un autre, ont pris leur distance vis-à-vis du parti de Omar Benjelloun. 
Ce courant hasarde également quelques revendications, surtout en matière d’organisation qui n’ont pas été, souligne une source USFP, du goût de la hiérarchie socialiste. Il s’agit non seulement de limiter les mandats à deux seulement que ce soit au sein des instances du parti ou des autres instances élues, mais aussi que le Premier secrétaire ne puisse accepter de poste gouvernemental hors celui de Premier ministre. Les adeptes de ce courant veulent aussi que soient gelées les activités de tout militant désigné, par dahir, à un poste de responsabilité hors du gouvernement ou qui n’est pas soumis au contrôle populaire. Ils proposent également, pour éviter d’éventuels problèmes de vacance, de prévoir l’élection de membres suppléants au sein de toutes les instances. Les "néo-socialistes" demandent, par ailleurs, à ce que le conseil national puisse avoir la possibilité d’approuver les listes des ministrables préparées par le bureau politique du parti. Une source USFP indique que la constitution de ce courant et son officialisation sont toujours d’actualité malgré quelques "manœuvres" pour le contourner comme ce fut le cas lors de la dernière session du conseil national des socialistes.

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