Détérioration sérieuse de l’état de santé du pape

Détérioration sérieuse de l’état de santé du pape

Le pape Jean Paul II « va mal », les catholiques « doivent prier pour lui », a ainsi affirmé mardi le cardinal Josef Ratzinger, préfet de la puissante Congrégation pour la doctrine de la foi au Vatican et considéré comme un des plus proches collaborateurs du souverain pontife. ` Ses propos ont aussitôt relancé les inquiétudes et les spéculations sur la santé du chef de l’Eglise. « Le pape est tellement exposé que chacun de nous peut se faire sa propre opinion. Je ne pense pas que le cardinal Ratzinger ait des informations réservées ou secrètes sur son état de santé », a rétorqué mercredi le directeur de Radio Vatican, le jésuite Federico Lombardi. Le pape a ,lui-même, donné une réponse lors de son audience générale. Il avait semblé avoir repris des forces et s’il a dû s’interrompre lors de la lecture de son texte, montrant une certaine émotion après cette contrariété, il n’a pas montré de signes alarmants pendant la cérémonie qui a duré deux heures et demies. « La santé du pape est affectée, mais pas au point qu’il ne puisse plus accomplir les actes les plus importants du gouvernement », a affirmé un autre prélat, le cardinal chilien Jorge Medina. « Le pape est au bout de ses forces. Tout le monde le voit. Il est épuisé, mais pas dans son esprit et son courage », a pour sa part commenté le cardinal belge Gustaaf Joos, qui a étudié dans sa jeunesse à Rome avec celui qui était alors Karol Wojtyla. La détérioration de la santé du pape, sujet longtemps tabou au Vatican, est devenue tellement évidente qu’elle ne peut plus être passée sous silence par la hiérarchie de l’Eglise. « Ceci est une grande nouveauté dans une Eglise où le respect du vocabulaire de la Curie (le gouvernement de l’Eglise, ndlr) faisait que le pape n’était jamais +malade+. Tout au plus, si c’était vraiment indispensable, il était possible d’admettre qu’il est +légèrement indisposé+ », a souligné mercredi le quotidien Corriere della Sera, principal tirage de la péninsule. Un attentat, un cancer à l’intestin, deux fractures –une à l’épaule, une au fémur– et l’arthrose s’ajoutent à la maladie de Parkinson, qui progresse inexorablement depuis une dizaine d’années et ont rendu le vieux pape impotent. Le Vatican maintient toutefois son habitude de minimiser les problèmes de santé du pape, comme l’a fait son porte-parole, Joaquin Navarro-Valls, lors du dernier voyage du souverain pontife, à la mi-septembre en Slovaquie, alors que les images montraient Jean Paul II totalement épuisé, incapable de parler. La vague de chaleur cet été en Italie a sans aucun doute aggravé l’état de santé du souverain pontife et la durée du traitement qu’il suit en a certainement abaissé l’efficacité, a expliqué récemment le neurologue Giorgio Bernardi, éminent spécialiste italien de la maladie de Parkinson. Mais le vieux pape poursuit avec obstination sa charge et a pris congé mercredi des fidèles en leur donnant rendez-vous à Pompéi, près de Naples, le 7 octobre, « si Dieu le veut ». Il a par ailleurs un calendrier très chargé pour le mois avec les festivités organisées pour les 25 ans de son pontificat, du 15 au 18 octobre, suivies par la béatification de mère Teresa le 19 et un consistoire le 21 octobre au cours duquel seront confirmés 31 nouveaux cardinaux, dont 26 seront appelés à désigner son successeur après son décès.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *